Les mises à pied maintenues à La Pocatière

  |  Joane Bérubé  |  Radio-Canada

Bombardier débauchera 180 employés comme prévu à son usine de La Pocatière, puisque la réalisation du contrat de NJ Transit pour l'achat de 100 voitures de train de banlieue commencera au plus tôt en juin 2011.

Travailleur (archives)

Le président du syndicat des employés de l'usine de La Pocatière, Mario Lévesque, affirme que les employés, qui sont actuellement un peu plus de 300, seront environ une soixantaine en mars prochain. « Pourvu qu'on signe dans les prochaines semaines, la réintégration devrait se faire en mai, juin », précise M. Lévesque, qui estime qu'entre 200 à 300 personnes seront alors rappelées au travail.

Le contrat, qui devrait être signé dans quelques semaines, déterminera le prix final, les dernières spécifications techniques et l'échéancier de livraison. Le porte-parole de Bombardier, Marc-André Lefebvre, rappelle par ailleurs que NJ Transit et Bombardier n'ont pas encore entériné l'entente. « Il s'agit, précise-t-il, d'une réponse à l'appel d'offres lancé par NJ Transit en mars 2009, mais les termes du contrat final sont toujours en négociations. » Le contrat pourrait rapporter jusqu'à un maximum de 293 millions à Bombardier.

Les conditions du contrat final détermineront le nombre d'employés qui seront réintégrés ainsi que le calendrier de réintégration. Marc-André Lefebvre confirme qu'il y aura une interruption de la production pendant quelques semaines. Même si les voitures que fabriquera Bombardier pour NJ Transit devraient être semblables à celles construites au cours des deux dernières années par l'usine de La Pocatière pour l'Agence métropolitaine de transport de Montréal (AMT), la ligne de production doit être revue, ajoute M. Lefebvre.

La décision de la STM toujours incomprise

Métro de Montréal

La réalisation du contrat devrait s'effectuer en un an. À savoir si ce répit permettra à l'usine de conserver sa main-d'oeuvre et son expertise en attendant une décision de la STM sur le remplacement de ces voitures de métro, Marc-André Lefebvre se montre prudent : « Cela va dépendre beaucoup des délais du nouvel appel d'offres de la STM. » Il souligne que le contrat de NJ Transit n'est que le dixième de celui du métro de Montréal.

Bombardier indique qu'il suivra le nouveau processus d'appel d'offres avec attention.

« Nous veillerons à ce que nos droits soient respectés. » — Le porte-parole de Bombardier, Marc-André Lefebvre

Il rappelle qu'à sa connaissance, Bombardier et Alstom sont toujours les deux seules entreprises qui possèdent des usines au Canada.

Québec interpellé

Le député de Kamouraska et ministre de l'Agriculture, Claude Béchard, qui a marché en 2006 dans la rue pour la survie de l'usine de La Pocatière et qui a effectué de nombreuses démarches pour l'obtention d'une négociation de gré à gré entre la STM et le consortium Bombardier/Alstom, admet que le coup est dur.

« J'accepte avec plaisir les reproches qui me sont faits d'avoir trop défendu mes travailleurs. C'est mon rôle, c'est mon travail de député. On a pris la meilleure décision en 2006. Je ne regrette absolument pas cette décision. Présentement, il faut l'analyser dans le contexte de 2006 qui n'est pas celui de 2010 », commente Claude Béchard.

Tout aussi déçu, le président du syndicat, Mario Lévesque, est plus sec : « Il y a des mots qu'on n'ose pas dire! La STM doit se justifier, c'est toute la population qui paie. C'est le droit de tout le Québec de savoir, de comprendre cette décision. »

Le président du syndicat demeure convaincu que le premier ministre doit intervenir pour dénouer l'impasse. « Les seuls qui pourraient arrêter cette saga interminable, c'est le premier ministre et le ministre des Affaires municipales en indiquant l'urgence de la situation, comme au Mexique », fait valoir M. Lévesque.

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