Québec retient 13 projets

Québec retient 13 projets projets de petites centrales hydroélectriques, dont une dizaine de projets communautaires ou autochtones.

Québec choisit 13 projets de petites centrales hydroélectriques, dont une dizaine de projets communautaires ou autochtones. L'ensemble de ces constructions devrait générer des retombées de 500 millions de dollars.

Rivière Franquelin Rivière Franquelin

Le gouvernement Charest estime que l'ensemble de ces constructions générera des retombées de 500 millions de dollars. Environ 1200 emplois devraient être créés.

Deux des critères importants du Programme d'achat d'électricité de 150 mégawatts (MW) provenant de centrales hydroélectriques de 50 MW et moins étaient entre autres l'acceptation sociale du projet et les retombées pour le milieu. Québec souhaitait aussi que ces projets soient sous le plein contrôle des communautés d'accueil. Des 13 projets retenus, seulement trois sont en partenariat avec le privé, dans tous les cas avec l'entreprise Axor.

Les projets retenus sont :

  • Aménagement hydroélectrique de la courbe du Sault sur la rivière Sheldrake sur la Côte-Nord;
  • Centrale hydroélectrique des chutes de six milles sur la rivière Sault-aux-Cochons sur la Côte-Nord;
  • Centrale hydroélectrique des chutes de quatre milles sur la rivière Sault-aux-Cochons sur la Côte-Nord;
  • Franquelin sur la rivière Franquelin sur la Côte-Nord;
  • Val-Jalbert sur la rivière Ouiatchouan au Saguenay-Lac-Saint-Jean;
  • Pont-Arnaud sur la rivière Chicoutimi au Saguenay-Lac-Saint-Jean;
  • Chute-Garneau sur la rivière Chicoutimi au Saguenay-Lac-Saint-Jean;
  • 11e chute sur la rivière Mistassini au Saguenay-Lac-Saint-Jean;
  • Manouane Sipi sur la rivière Manouane en Mauricie;
  • Centrale du parc des Chutes de Sainte-Ursule sur la rivière Maskinongé en Mauricie;
  • Hydro-Canyon Saint-Joachim sur la rivière Sainte-Anne-du-Nord dans la région de la Capitale-Nationale;
  • Centrale Saint-Gabriel sur la rivière Jacques-Cartier dans la région de la Capitale nationale;
  • Centrale Moulin-des-Pères sur la rivière Joseph en Outaouais.

« On pense que c'est une énergie qui peut faire une grande différence dans l'avenir des communautés où ces projets seront développés », a indiqué la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau.

Réactions

L'Union des municipalités du Québec a accueilli la nouvelle avec enthousiasme. L'UMQ considère que le développement de la filière énergique est un pas de plus vers une occupation dynamique et durable des territoires.

L'UMQ invite Québec à poursuivre dans la même voie et à faire des municipalités de véritables partenaires de l'État dans sa stratégie de développement énergétique. En mai dernier, l'UMQ a d'ailleurs décidé de mandater un comité d'élus pour définir une stratégie municipale visant à mieux soutenir les énergies émergentes sur l'ensemble du territoire québécois.

Bernard Généreux Bernard Généreux (archives)

Pour sa part, la Fédération québécoise de municipalités (FQM), qui milite depuis longtemps pour le développement de la filière de la petite centrale hydraulique communautaire, a particulièrement souligné la qualité du processus menant à la sélection des projets.

Le président de la FQM, Bernard Généreux, a invité Québec à renouveler l'expérience. M. Généreux a rappelé qu'une vingtaine de municipalités avaient déposé des projets. « Il apparaît évident que l'avenir des régions et le renforcement de l'autonomie municipale passeront dorénavant par des élus et acteurs locaux qui saisissent les opportunités de développement présentes sur leur territoire », a déclaré M. Généreux lors du dévoilement des projets retenus.

L'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable (AQPER) a aussi invité Québec à lancer un nouvel appel d'offres. L'organisme fait valoir que l'ensemble des soumissions dépassait les 350 MW.

Toutefois, l'AQPER souhaiterait que les mécanismes d'Hydro-Québec soient assouplis. « Cette flexibilité accrue permettrait aux communautés de privilégier leur développement économique en fonction de leurs capacités, sans sacrifier la rigueur et les hauts standards associés à l'analyse des projets », estime le président et directeur général de l'AQPER, Jean-François Samray.

Des choix prudents

Hydro-Québec avait reçu 31 soumissions, dont la moitié en provenance de projets situés sur la Côte-Nord.

Pour le directeur du Conseil régional de l'environnement de la Côte-Nord, Sébastien Caron, Hydro-Québec a fait des choix stratégiques. « Les rivières qui ont été retenues, la plupart sont des rivières déjà harnachées. C'est à mon avis une approche prudente d'Hydro-Québec dans la mesure où plusieurs groupes environnementaux s'opposent de façon constante au harnachement de rivière vierge. C'est probablement une mesure d'acceptabilité sociale », indique M. Caron.

Au Bas-Saint-Laurent, le projet de construire une petite centrale sur la rivière Trois-Pistoles, un projet pourtant soutenu par la population et pour lequel les élus travaillent depuis des années, n'a pas été retenu. Aucun motif de refus n'a été précisé dans la lettre expédiée à la MRC par la Direction générale de l'électricité du gouvernement du Québec. La MRC des Basques affirme qu'elle n'abandonnera pas son projet pour autant.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, seul le projet de petite centrale à Saint-Ludger de Milot a été écarté. Les deux projets de petites centrales de Pont-Arnaud et de Chute-Garneau, à Saguenay, sont déjà en construction. Les projets de Val-Jalbert et de Mistassini prévoient des petites centrales de 16 mégawatts qui seront gérées par les MRC Domaine du Roy et Maria Chapdelaine.

Dans la région de la Capitale nationale, le projet de la rivière Sainte-Anne-du-Nord à Saint-Joachim aura une puissance de 23 MW et celui de la rivière Jacques-Cartier à Shannon de 3,3 MW.

Lors de l'annonce des projets, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a assuré que l'électricité produite par les petites centrales ne serait pas exportée, mais sera utilisée à des fins domestiques.

Hydro-Québec compte tirer 150 mégawatts des projets dont la mise en service s'étalera de 2011 à 2014.

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