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PC/AP/M. Spencer Green
Au moment où Grande-Vallée demande près de 5 millions pour rénover sa salle de spectacle, 9 événements culturels de la Gaspésie créent un regroupement pour revendiquer un meilleur soutien financier.
Au moment où Grande-Vallée demande près de 5 millions pour rénover sa salle de spectacle, 9 événements culturels de la Gaspésie créent un regroupement pour revendiquer un meilleur soutien financier.
Les Événements gaspésiens (LEG) veulent obtenir une meilleure reconnaissance des gouvernements.
Le regroupement est composé des événements suivants :
Les événements, qui composent le regroupement, gèrent un budget total de 3 millions de dollars. Ils revendiquent un soutien financier équitable et comparable à ce qui se fait ailleurs au Québec. Ils font valoir qu'ils sont à la fois des acteurs culturels majeurs, mais aussi des éléments essentiels du développement touristique.
Le président du Conseil de la culture de la Gaspésie, Pascal Alain, explique que la Gaspésie est défavorisée par rapport aux grands centres pour le financement des événements culturels. « On n'a pas beaucoup de sièges sociaux en Gaspésie. Il faut faire des pieds et des mains pour aller chercher un 1000 $, un 5000 $, un 10 000 $, un 25 000 $. De plus, il faut se rendre à l'extérieur pour multiplier les contacts », fait valoir M. Alain.
Le porte-parole du Festival en chanson de Petite-Vallée, Alan Côté, souligne que les événements en région attirent toujours moins de visiteurs que ceux de Montréal ou de Québec et n'ont donc pas accès à un apport financier important de la part de leur public. De plus, certains programmes de subvention sont liés à l'achalandage. « Par exemple, le programme d'industrie et de commerce, ça été un grand coup dans l'économie culturelle, mais où personne des régions n'avait accès à part peut-être Saint-Tite qui amène plus que 50 000 visiteurs », explique M. Côté.
Développement responsable
Le regroupement, qui se veut aussi une plate-forme pour mettre en commun des ressources, des stratégies de promotion ou des formations, entend aussi baser le développement des événements membres selon certains principes de développement durable et d'économie sociale.
Le LEG prône ainsi un respect entre les événements des calendriers ou thématiques ainsi qu'une implication des communautés, l'embauche des créateurs, techniciens et professionnels locaux. Cette base écoresponsable est un élément d'enracinement important, selon le directeur du Conseil de la culture, Serge Arsenault : « Ça devient des critères de sélection de financement, donc c'est ça s'arrimer à tout ça, se donner une force vive. »
Une ministre attendue
Un état de la situation a été déposé à la ministre de la Culture du Québec, Christine Saint-Pierre qui a rencontré les représentants du groupe lors de son passage à Petite-Vallée à l'occasion du festival en chanson. La ministre s'est montrée ouverte à moduler certains programmes, mais n'entend pas créer de budgets spéciaux pour les événements en région, du moins pas pour l'instant.
Les représentants du LEG n'étaient pas les seuls à attendre la ministre à Petite-Vallée. La municipalité de Grande-Vallée, qui veut rénover sa salle de spectacle, a aussi fait part de ses besoins. La mairesse Nathalie Côté explique que les élus veulent agrandir la scène, ajouter une centaine de sièges et équiper la salle de matériel professionnel.
(archives)
Le petit village de 1500 habitants, qui a présenté son projet de 5 millions de dollars, demande aux gouvernements de financer 95 % du coût des travaux. « On veut un projet à la hauteur de nos exigences, mais aussi à la hauteur de notre capacité de payer aussi », indique la mairesse.
La rencontre entre la ministre Saint-Pierre et les autorités municipales a été cordiale, mais au sortir de la réunion, Mme Saint-Pierre a admis que la municipalité se montrait gourmande. « La moyenne au Québec, c'est environ 60 % [de subvention NDLR]. Il y a des régions qui sont plus défavorisées, mais ce n'est jamais à la hauteur de 95 % et aussi il y a toujours d'autres partenaires », a commenté la ministre de la Culture.
Grande-Vallée mise sur l'expertise et la renommée du Village en chanson pour faire avancer le projet.