Bernard Gauthier, du Syndicat des opérateurs de machinerie lourde
Quatre enquêteurs de la Commission de la construction du Québec (CCQ) sont arrivés à Sept-Îles mardi pour travailler avec ceux de la Sûreté du Québec sur au moins treize plaintes déposées par des travailleurs.
Quatre enquêteurs de la Commission de la construction du Québec sont arrivés mardi à Sept-Îles. Ils enquêteront avec la SQ sur 13 plaintes d'intimidation et d'entrave à l'embauche portées contre des responsables de la FTQ-Construction, dont Bernard Gauthier.
Trois plaintes ont été déposées relativement à la situation sur le chantier du Lac Bloom. Dix autres portent sur la situation au chantier de la Romaine.
Un porte-parole de la CCQ, André Martin, dit prendre très au sérieux les allégations d'intimidation et d'entrave à l'embauche portées contre des responsables de la FTQ-Construction, dont le représentant du local 791 du Syndicat des opérateurs de machinerie lourde, Bernard Gauthier.
C'est la première fois que la CCQ, qui constitue en quelque sorte le chien de garde de l'industrie, sort de son mutisme pour commenter les récentes allégations à l'endroit de la FTQ-Construction révélées par un reportage d'Enquête.
« On a quatre enquêteurs. Ils étaient deux. On est monté à quatre. Il y a aussi des procureurs, c'est-à-dire nos avocats à l'interne qui vont aider à monter les dossiers. Le message de la Commission de la construction et de notre président, c'est qu'on va mettre les ressources qu'il faut », a-t-il dit.
Plusieurs plaintes pourraient mener à des poursuites pénales et à des amendes. Le processus prendra toutefois plusieurs mois. « C'est très important que nos enquêteurs montent des dossiers et obtiennent aussi des témoignages de gens. Des témoignages crédibles, solides, qui vont être peut-être un jour "challengés" en Cour du Québec », explique M. Martin.
Le porte-parole de la CCQ espère que toute l'attention médiatique qui a été accordée aux travailleurs de la construction de la Côte-Nord ces derniers jours va encourager ceux qui veulent porter plainte, à le faire.
Bernard Gauthier nie tout
Dans une conférence de presse tenue mardi, Bernard Gauthier a catégoriquement rejeté les allégations d'intimidation et de discrimination faites par des travailleurs et des employeurs dans le cadre d'un reportage d'Enquête. Il admet prendre beaucoup de place, mais affirme qu'il ne fait rien d'illégal.
M. Gauthier soutient être victime d'une campagne de salissage menée par des travailleurs qu'il « dérange » avec ses méthodes « innovantes ». Il affirme que notamment que l'autre grande centrale syndicale, la CSN, sent le tapis lui glisser sous les pieds dans la région et « joue ses dernières cartes ».
Le représentant du local 791 a affirmé qu'il va rencontrer avec un avocat la semaine prochaine et que des mises en demeure seront envoyées dans ce dossier. Il a laissé entendre que des travailleurs qui se sont exprimés à visage découvert à l'émission Enquête et la Société Radio-Canada seraient visés.