![]() Boisaco Victoire pour les travailleursMise à jour le mercredi 27 janvier 2010 à 17 h 01
Il n'y aura finalement pas de syndicat à la scierie Boisaco de Sacré-Coeur. Après une interminable saga judiciaire, le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), affilié à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), a décidé de laisser tomber l'accréditation syndicale des 150 travailleurs de la scierie. Ces derniers se sont présentés mercredi devant la Commission des relations du travail (CRT) pour tenter d'invalider l'accréditation syndicale du SCEP-FTQ. Confronté à une nouvelle contestation de sa légitimité devant la CRT, le SCEP-FTQ a décidé de jeter l'éponge après un combat de plus de huit ans. Selon un représentant du syndicat, la lenteur du ministre Sam Hamad à imposer l'arbitrage d'une première convention collective a fait en sorte que les délais prévus au Code du travail n'ont pas été respectés. Conséquemment, le syndicat perd ses droits et cesse d'exister. La CRT devrait invalider officiellement l'accréditation syndicale dans les prochains jours. Une querelle depuis 2001 Le conflit entre les travailleurs et le syndicat remonte à 2001. Profitant à l'époque des relations de travail tendues, le SCEP avait mené, avec succès, une campagne éclair de syndicalisation. Les travailleurs avaient cependant changé d'idée au bout de quelques jours, mais il était trop tard, car le syndicat était déjà accrédité. La saga judiciaire s'est poursuivie pendant sept ans. Regroupés au sein d'une coopérative, les travailleurs prétendent depuis le début qu'ils ne peuvent légalement être syndiqués puisqu'ils sont actionnaires de Boisaco. « Moi, un syndicat, je respecte ça, les endroits où les employés veulent en avoir, mais nous autres, à Boisaco, on n'en veut pas de syndicat [...] On leur demande la même affaire, on leur demande de nous respecter », avait affirmé mardi Yves Tremblay, un travailleur de Boisaco. La Cour suprême du Canada ayant refusé d'entendre l'appel de Boisaco et de sa coopérative de travailleurs, la partie semblait gagnée pour le syndicat. Or, les travailleurs reprochaient au syndicat d'avoir négligé les obligations légales que lui impose le Code du travail. « Légalement, c'est qu'ils n'ont jamais renouvelé leurs cartes. Ils ont vendu des cartes en 2001 et ils n'ont jamais renouvelé leurs cartes [...] Également, ils n'ont jamais cotisé personne. Ils n'ont jamais fait la demande à Boisaco ou à Unisaco de prélever sur chaque paye une cotisation syndicale », a dit M. Tremblay. Des travailleurs qui étaient prêts à se battre Pour les travailleurs, c'est la survie de Boisaco et de son modèle coopératif qui était jeu. « Nous autres, nos gens à l'usine, ils sont convaincus que du syndicat, ils n'en paieront pas [...] On les attend la FTQ. Ils ont ben beau venir nous cotiser, on ne paiera pas. S'il faut aller au gouvernement, on va y aller au gouvernement. Elle est où, au Québec, la démocratie? C'est rendu que c'est une minorité de personnes qui vont décider pour la majorité? Voyons donc! », avait lancé mardi M. Tremblay. S'ils remportent une victoire sur le plan légal, les travailleurs de l'usine ne sortent pas pour autant de ce long conflit sans porter quelques marques. Les 150 travailleurs de Boisaco ont notamment dépensé plus de 4000 $ chacun en frais d'avocats pour mener cette bataille. De leur côté, le SCEP et la FTQ estiment qu'en dépit de leur défaite, leur bataille a valu la peine, si ce n'est que pour démontrer qu'on ne déchire pas une accréditation syndicale comme un simple bout de papier. Dossiers en profondeur
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