Une expérience sur la migration de l'anguille européenne pourrait être reconduite avec l'anguille d'Amérique.
Des scientifiques de l'Institut Maurice-Lamontagne souhaitent reproduire une expérience sur la migration de l'anguille européenne afin de mieux comprendre le déclin des populations d'anguilles d'Amérique.
Des scientifiques de l'Institut Maurice-Lamontagne ont demandé le financement nécessaire pour reproduire cette expérience qui leur permettrait de mieux comprendre le déclin des populations d'anguilles d'Amérique.
L'expérience menée par un groupe de scientifiques de six pays a permis de voir comment s'effectue la longue route des anguilles pour se reproduire. Les chercheurs ont pu suivre à la trace, grâce à un satellite, 22 anguilles.
Les poissons ont été suivis sur 1300 km, entre l'Irlande et la mer des Sargasses au nord-est des Antilles où vont se reproduire toutes les anguilles. Grâce au satellite, les scientifiques ont pu mesurer la vitesse de migration, la température et la profondeur de l'eau. Ces informations permettent de mieux connaître le rythme de frai des anguilles.
Le chercheur et chef de section de l'évaluation et de conservation des poissons à l'Institut Maurice-Lamontagne, Martin Castonguay, explique qu'après la ponte, en plein milieu de l'Atlantique, les larves sont entraînées tranquillement dans le Gulf Stream. « Ça prend deux ans aux larves pour retourner sur le continent européen », ajoute M. Castonguay.
L'anguille d'Amérique, qui est pêchée dans l'estuaire du Saint-Laurent principalement dans le secteur de Kamouraska, franchit aussi cette boucle migratoire de plusieurs milliers de kilomètres.
La population d'anguille dans le Saint-Laurent a toutefois de la difficulté à se maintenir en raison de la surpêche, de la pollution et de la détérioration des habitats. Ce déclin préoccupe les scientifiques. « La pêche à Kamouraska n'est plus que l'ombre d'elle-même, ç'a baissé des trois quarts. Le gouvernement du Québec a mis sur pied un gros programme de rachat de permis », commente le chercheur Martin Castonguay.