Le projet d'exploration d'uranium au lac Kachiwiss, près de Sept-Îles, pourrait être abandonné. C'est du moins ce que soutient le président de l'Association de l'exploration minière du Québec, Jean-Pierre Thomassin.
Selon le président de l'Association de l'exploration minière du Québec, Jean-Pierre Thomassin, Terra Ventures abandonnerait son projet d'exploration d'uranium au lac Kachiwiss, près de Sept-Îles.
Roche contenant de l'uranium (archives)
Selon ce dernier, le prix actuel de l'uranium et les teneurs du gisement ne permettent pas d'envisager une exploitation rentable. « Avec un prix de l'uranium à 45 $, j'ai hâte de voir combien d'investisseurs vont vouloir investir dans cette nouvelle compagnie pour développer un projet qui a 125 ppm d'oxyde d'uranium. On est tout à fait à des teneurs non économiques à Kachiwiss », commente M. Thomassin.
Le président de l'Association minière estime qu'il faudrait un prix de l'uranium 10 fois supérieur pour que le site du lac Kachiwiss soit rentable.
La minière Terra Ventures, qui mène les travaux au lac Kachiwiss, nie l'information, mais refuse de commenter. Dans un communiqué publié récemment, la minière annonce néanmoins qu'elle interrompt pour l'hiver les travaux de construction de la route vers le site du lac Kachiwiss. L'entreprise y indique aussi que ses activités d'exploration seront aussi suspendues, le temps de consolider sa nouvelle entité Newco.
Jusqu'à maintenant, Terra Ventures a toujours soutenu que le site du lac Kachiwiss s'apparentait au gisement Rossing d'où Rio Tinto puise 7 % de l'uranium mondial. Situé à un peu plus d'une dizaine de kilomètres au nord de Sept-Îles, le site s'étendrait sur près de 3 km carrés.
Opposition populaire
Dimanche, plus d'un millier de personnes ont marché dans les rues de Sept-Îles pour demander l'arrêt du projet et exiger un moratoire. Les opposants au projet promettent de surveiller étroitement les travaux du comité que la Santé publique a accepté de mettre sur pied pour analyser les dangers de l'exploration et de l'exploitation d'uranium sur la santé des populations.
Pour le ministre délégué aux Ressources naturelles et responsable de la Côte-Nord, Serge Simard, la manifestation de dimanche est une forme de désaveu du projet uranifère du lac Kachiwiss. Il espère que Terra Ventures comprendra le message et n'investira pas dans un projet si elle n'a pas le soutien nécessaire.
« On peut tout au moins penser que la compagnie n'investira pas dans un projet, où on est à peu près certain, qu'il ne correspondra pas au nouveau projet de loi qui a été déposé », avance le ministre.
À Sept-Îles, 24 médecins menacent de démissionner si Québec n'impose pas un moratoire sur les projets d'exploration et d'exploitation d'uranium.