L'Ordre des ingénieurs s'intéresse à Jean D'Amour

Jean D'Amour Jean D'Amour (archives)

L'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) a ouvert une enquête sur une possible utilisation illégale du titre d'ingénieur par l'actuel député de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour, à l'époque où il travaillait pour la firme de génie-conseil BPR.

L'Ordre des ingénieurs du Québec enquête sur une possible utilisation illégale du titre d'ingénieur par le député Jean D'Amour, après que l'émission La Facture a révélé qu'il avait rencontré plusieurs fois des élus lorsqu'il était à l'emploi de la firme BPR.

Une demande d'accès à l'information faite par Radio-Canada a permis d'obtenir la correspondance que BPR a adressée à la Ville de Rivière-du-Loup.

L'équipe de l'émission La Facture a révélé que de 2007 à 2009, lorsque Jean D'Amour travaillait pour BPR, huit lettres de BPR le présentaient comme ingénieur. Cependant, M. D'Amour n'a jamais été inscrit au tableau de l'OIQ.

BPR et Jean D'Amour ont répondu par écrit qu'il s'agissait d'une erreur de secrétariat. Le député affirme aussi que tout le monde à Rivière-du-Loup sait qu'il n'est pas un ingénieur.

Selon la Loi sur les ingénieurs et Code des professions, l'utilisation du titre d'ingénieur ou de son abréviation par quiconque n'est pas membre de l'OIQ est passible d'amendes allant de 1500 $ à 20 000 $ pour les individus et de 3000 $ à 40 000 $ pour les personnes morales.

Jean D'Amour a travaillé comme directeur du développement des affaires pour BPR, après avoir été maire de Rivière-du-Loup de 1999 à 2007.

Plusieurs rencontres avec des élus

L'enquête de La Facture a révélé que Jean D'Amour a rencontré plusieurs fois des élus pour discuter de projets d'ingénierie alors qu'il était à l'emploi de BPR, cela peu après avoir quitté la mairie de Rivière-du-Loup.

Depuis quelques mois, le commissaire au lobbyisme du Québec mène une enquête dans le Bas-Saint-Laurent sur la firme d'ingénieurs BPR et sur le député, indépendant depuis qu'il s'est retiré du groupe parlementaire du Parti libéral.

Or, une fois passé à BPR, M. D'Amour a rencontré plusieurs fois des élus pour discuter des projets d'ingénierie de son nouvel employeur, a découvert La Facture.

Radio-Canada a recueilli des témoignages dans quatre municipalités où il a rencontré des élus à titre de directeur du développement des affaires de la firme d'ingénieurs.

Jean D'Amour a aussi rencontré André Leblond, le préfet de la MRC des Basques, à propos de différents dossiers de BPR dont celui de la minicentrale sur la rivière Trois-Pistoles. Il s'agit d'un projet qui est contesté par une partie de la population.

« Toutes les fois que j'ai eu affaire avec M. D'Amour c'était pour parler de BPR, la promotion de BPR, pas juste le projet de centrale. Il y a le projet au centre de ski, on avait un autre projet, eux autres ils faisaient la promotion pour qu'on engage BPR. » — André Leblond

Jean D'Amour ne s'est jamais inscrit au registre des lobbyistes. Une enquête du commissaire au lobbyisme doit révéler s'il faisait ou non du lobbyisme et s'il aurait dû s'inscrire.

De plus, la loi sur le lobbyisme interdit à un ancien maire de faire du lobbyisme auprès d'un titulaire d'une charge publique de sa municipalité pendant une période de deux ans.

Or, une fois chez BPR, et moins de deux ans après avoir quitté son poste à l'Hôtel de Ville, Jean D'Amour est revenu rendre visite à son successeur à la mairie de Rivière-du-Loup, Michel Morin.

« Ce que je peux dire c'est que, oui, il y a eu des rencontres [...] au niveau des contrats, au niveau du biogaz, de la captation et de la destruction du biogaz. » — Michel Morin

Jean D'Amour, tout comme BPR, disent vouloir attendre que le commissaire au lobbyisme se prononce sur le dossier avant d'émettre des commentaires.

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