Des réactions sur la Côte-Nord

Mines   © Istock

La nouvelle Loi sur les mines présentée mercredi à Québec resserre les règles entourant l'exploration et l'exploitation d'uranium au Québec. Ainsi, les projets d'exploration dont les permis ont déjà été octroyés ne pourront être arrêtés, mais les nouveaux projets devront se soumettre à des règles plus sévères.

Si les opposants aux mines d'uranium trouvent les mesures trop timides, du côté de l'industrie, les nouvelles règles inquiètent.

De plus, les conférences régionales des élus et les MRC pourront désormais demander de soustraire des parcelles de territoire de l'activité minière.

Sur la Côte-Nord, des élus et des citoyens maintiennent leur demande de moratoire. Le porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleur mine, Hugo Lapointe, doute que la population aura le dernier mot. « Encore faut-il que le ministre soit obligé d'écouter cette demande-là. Nous, ce qu'on dit, c'est que si les gens en font la demande à l'échelle locale, régionale, le ministre devrait être enjoint d'appliquer cette demande-là. »

Du côté de l'industrie, les nouvelles mesures inquiètent. « Consulter les gens, c'est relativement facile. Satisfaire 100 % des gens c'est impossible, il va toujours y avoir des insatisfaits. Il va toujours y avoir des gens contre l'industrie minière », soutient le directeur général de l'Association de l'exploration minière du Québec, Jean-Pierre Thomassin.

L'association indique que le gouvernement Charest effectue un très grand virage avec ses modifications à la Loi sur les mines. M. Thomassin déplore également l'augmentation des amendes, variant entre 50 000 $ et 100 000 $, pour les entreprises d'exploration minière qui ne restaurent pas leurs sites.

« Les caches de chasseurs abandonnées, des bouteilles de propane ou de vieux matelas sur le bord des routes on en trouve beaucoup. Pourtant, pour les citoyens, c'est 75 $ l'amende pour ça, nous c'est 50 000 $. On trouve ça un peu bizarre que l'on soit vraiment isolé. Il faut bien se rappeler qu'une entreprise d'exploration est à la recherche de gisement. Donc, elle fait exactement comme un chasseur qui cherche du gibier », souligne-t-il.

En 2008, près de 100 millions de dollars ont été consacrés à l'exploration uranifère, dont une bonne partie sur la Côte-Nord.

Facebook