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Est du QuébecComplexe hydroélectrique de la rivière Romaine

Un accueil mitigé

Mise à jour le mercredi 13 mai 2009 à 15 h 31

Rivière Romaine

Le premier ministre Jean Charest a levé mercredi la première pelletée de terre officielle pour le lancement des travaux de construction du complexe hydroélectrique de la rivière Romaine.

Les réactions n'ont pas tardé à la suite du coup d'envoi du projet d'Hydro-Québec de 1550 mégawatts, évalué à 6,5 milliards de dollars.

Le groupe environnementaliste Fondation Rivières juge irresponsable le feu vert donné par le gouvernement provincial.

Selon la directrice de l'organisme, Anne-Marie Saint-Cerny, investir dans l'hydroélectricité équivaut à investir dans les papiers commerciaux en pleine crise économique.

Mme Saint-Cerny rappelle que le lancement immédiat d'un vaste chantier d'efficacité énergétique permettrait de récupérer beaucoup plus d'énergie exportable que les projets de la rivière Romaine et de la rivière Rupert conjugués.

De leur côté, les Innus de Sept-Îles ont répété leur intention de bloquer le chantier devant les tribunaux. Ils réclament une entente globale, qui inclue les 400 km de lignes de transport d'énergie.

Pour sa part, Gérard Proulx, un travailleur présent sur le chantier pour le lancement officiel, salue l'initiative. Il peine à croire que le mégaprojet se réalisera finalement.

« C'est un des projets les plus précieux pour moi, parce que c'est un projet non isolé. Les gens ont peut-être de la difficulté à concevoir. J'ai travaillé dans les barrages et c'était toujours isolé. Ici, on a l'avantage d'un projet du genre qui va développer la Côte-Nord et qui va développer la Basse-Côte-Nord. Il va développer une partie du monde qui était isolée », explique M. Proulx.

Le président de la Coalition en faveur de la Romaine se réjouit de la contribution qu'apporte la Côte-Nord à l'ensemble du Québec. Georges-Henri Gagné rappelle que le développement de la région passe toujours par l'hydroélectricité, et ce, malgré la récession.

« C'est le projet numéro un du Québec, c'est le projet numéro un du Canada. Je pense qu'en milieu de cette crise économique, c'est un baume. »

De son côté, Jean-Thomas Bernard, professeur en économie et en environnement à l'Université Laval, ne doute pas de la rentabilité du projet de la Romaine. Il note toutefois que le prix de vente de l'électricité aux États-Unis devra augmenter.

« Hydro-Québec, pour l'année qui vient de se terminer, a vendu dans le nord-est, et c'était de l'ordre de plutôt de 8 à 9 cents le kilowattheure. Pour que ce projet-là soit vraiment rentable, il faudra qu'il y ait une hausse significative du prix de l'électricité chez nos voisins. » Par ailleurs, M. Bernard estime qu'il faudrait la réalisation de cinq projets de la taille de la Romaine pour répondre aux futurs besoins d'énergie de l'Ontario, qui désire remplacer ses centrales au charbon.

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