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Est du QuébecLa Romaine

Coup d'envoi des travaux

Mise à jour le mercredi 13 mai 2009 à 12 h 08

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Québec a annoncé mercredi le lancement des travaux de construction du complexe hydroélectrique de 1550 MW sur la rivière Romaine, au nord de la municipalité de Havre-Saint-Pierre, sur la Côte-Nord.

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, était accompagné du ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, et du ministre responsable des Affaires autochtones, Pierre Corbeil. Le maire de Havre-Saint-Pierre, les chefs des communautés innues de la Côte-Nord ainsi que le PDG d'Hydro-Québec ont également participé à la cérémonie.

M. Charest a donné la première pelletée de terre officielle du mégaprojet aux commandes d'un bulldozer.

Aujourd'hui, nous lançons le plus grand chantier au Canada. Le projet de la Romaine s'inscrit dans notre vision de développement hydroélectrique, une énergie propre et renouvelable qui fait la fierté des Québécois. Cette nouvelle production énergétique constitue un puissant levier de développement économique pour le Québec en permettant de créer de l'emploi et de la richesse, en plus de contribuer à la lutte contre les changements climatiques.

— Jean Charest

Le projet d'Hydro-Québec, évalué à 6,5 milliards de dollars, sera réalisé sur une période de 10 ans. En mars dernier, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) donnait un avis favorable à ce projet.

Au terme d'une consultation entamée le 27 octobre 2008, la commission conjointe d'évaluation environnementale a conclu que « le projet répond à trois des objectifs de la stratégie énergétique du Québec ». Ces objectifs sont:

  • renforcer la sécurité des approvisionnements en énergie;
  • utiliser davantage l'énergie comme levier de développement économique;
  • accorder une plus grande place aux communautés locales et aux nations autochtones dans le développement énergétique.

Plan du projet de la Romaine

Plan du projet de la Romaine

Le BAPE a fait 24 recommandations, des mesures de suivi ou d'atténuation des impacts. Ces recommandations concernent, entre autres, les oiseaux forestiers, la sauvagine, les saumons et les caribous.

Au sujet de la population, l'organisme notait que « la réalisation du projet entraînerait vraisemblablement une importante création locale d'emplois et un besoin accru en services commerciaux et sociaux ».

Afin de « tirer pleinement parti des retombées économiques » et de prévoir les problèmes psychosociaux pouvant découler du projet, le BAPE recommandait aussi qu'Hydro-Québec et les organismes gouvernementaux soutiennent la population. La société d'État devra aussi faire attention à la sécurité des utilisateurs.

Les quatre communautés autochtones touchées par le complexe hydroélectrique ont toutes donné leur accord au chantier de construction.

Barrage de contestations

Ce projet a suscité de nombreuses réactions. Plusieurs groupes environnementaux s'y sont opposés, notamment la Fondation Rivières et l'acteur Roy Dupuis. Ils avaient notamment demandé la tenue d'audiences publiques à Montréal et à Québec afin de faire entendre leur voix - ce que le BAPE a toujours refusé.

La directrice de Fondation Rivières, Anne-Marie Saint-Cerny, estime que le rapport du BAPE est l'un « des plus désolants qui [lui] ait été donné de voir ». Elle remet en question le sérieux de l'analyse des commissaires et critique le fait que les commissaires aient proposé des mesures de suivi des conséquences potentielles que le projet pourrait avoir sur l'écosystème, et notamment les stocks de saumon.

« Le BAPE avait l'occasion de mettre sur la table le même débat qui se passe à l'heure actuelle aux États-Unis et en Ontario, c'est-à-dire: comment se développe-t-on, comment travaille-t-on, au 21e siècle dans le domaine de l'énergie? » indique Mme Saint-Cerny. La Fondation Rivières propose de construire un parc éolien à la place du complexe hydroélectrique.

De son côté, Nature Québec estimait que le projet de la Romaine altérerait de façon irréversible le régime hydrique du golfe Saint-Laurent, aux dépens de ses espèces vivantes. Sans compter les impacts sur le parc national de l'archipel Mingan, créé pour protéger un écosystème unique.

Les Innus Takuaikan Uashat Mak Mani-Utenam avaient déjà indiqué qu'ils s'opposeraient par tous les moyens à la réalisation du complexe, qu'ils avaient qualifié d'« illégal ». Ils avaient d'ailleurs expédié une mise en demeure aux premiers ministres Jean Charest et Stephen Harper.

Le projet en bref

Le complexe de la Romaine sera constitué de quatre centrales alimentées par des réservoirs, pour une production annuelle moyenne de 8 TWh. Il permettra à Hydro-Québec d'augmenter ses exportations d'électricité dans un premier temps et, à terme, d'alimenter le marché québécois, où la demande est appelée à progresser selon l'entreprise.

Selon Hydro-Québec, le projet aura des retombées économiques de 3,5 milliards de dollars, dont 1,3 milliard de dollars sur la Côte-Nord, et qu'il créera de 1000 à 2000 emplois par année pendant sa réalisation. L'entreprise publique espère terminer les travaux de construction en 2020. La première mise en service est prévue en 2014.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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