Accueil > Nouvelles




























Développement du Nord québécois
Réponse glaciale des autochtones
Mise à jour le jeudi 23 octobre 2008, 15 h 45 .


ghislain-picard-raphael-picard
Une dizaine de chefs autochtones du Québec dénonce le plan de développement du Grand Nord québécois.

Les chefs ont profité de leur passage devant la Commission parlementaire sur le nouveau régime forestier, à l'Assemblée nationale, pour avertir le gouvernement qu'ils ne le laisseront pas aller de l'avant sans une reconnaissance de leurs droits territoriaux.

Les chefs se sont aussi dits mécontents de ne pas avoir été consultés avant le lancement du projet, il y a un mois, par le premier ministre Jean Charest. Il s'agit d'une autre preuve, selon eux, que le gouvernement ignore leurs droits malgré les jugements favorables de la cour.

Le chef de l'Assemblée des premières nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, a lancé cette mise en garde aux élus: « Le gouvernement du Québec croit-il pouvoir sincèrement lancer ce qu'il appelle le plan nord, sans tenir compte des droits des premières nations? »

Le chef des Innus de Betsiamites, Raphaël Picard, qui a déposé plusieurs requêtes devant les tribunaux pour défendre les droits de sa communauté, promet un dur combat si le gouvernement veut instaurer un plan de développement du nord sans les autochtones. « Le gouvernement devra faire face à cette opposition qui sera très réelle », a-t-il déclaré.

Négociations mises en doute

Nitassinan
Carte du Nitassinan, le territoire revendiqué par les Innus du Québec
Le chef de Betsiamites ne croit plus à la négociation dite de l'Approche commune, conclue en 2004 pour concilier la gestion du Nitassinan, soit le territoire revendiqué par les premières nations innues au nord du Saint-Laurent, à l'est de Québec, incluant Québec, jusqu'au Labrador. « Il n'y a aucune façon de négocier avec des sourds et des gens qui ne retournent pas nos messages », indique Raphaël Picard.

D'autres chefs promettent d'être tout aussi virulents si Québec ne les inclut pas dans le plan nord. Gilbert Whiteduck, de la nation algonquine Kitigan Zibi Anishnabe, estime qu'il n'aura pas le choix d'agir autrement: « Quand on regarde les petits de 3, 4 ans vivre dans la misère, on va se battre. »

Le ministre des Affaires autochtones, Benoit Pelletier, dit comprendre l'exaspération de certaines nations. Il précise que des négociations auront lieu bientôt et assure que le plan nord se fera en collaboration avec toutes les nations autochtones.




Autres nouvelles régionales >>>

Toutes les nouvelles nationales et internationales >>>