
 | Érosion des berges: marée du début décembre 2005. (archives)
| Une nouvelle étude du Consortium Ouranos confirme que l'érosion des berges s'accélère en raison du réchauffement climatique qui provoquera une montée du niveau de l'eau des mers d'ici l'an 2050.
La Ville de Sept-Îles, déjà touchée par le phénomène, pourrait l'être encore plus. Les études du consortium Ouranos menées aux îles de la Madeleine, à Percé et à Sept-Îles confirment le défi posé par l'érosion côtière aux multiples municipalités qui bordent l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. À certains endroits, les vagues pourraient dévorer jusqu'à 139 mètres de côtes.
L'étude d'Ouranos a été menée de septembre 2005 à décembre 2007 sur le territoire des municipalités de Sept-Îles, des Iles-de-la-Madeleine et de Percé.
Les résultats de l'étude montrent, de façon générale, que:- le niveau de la mer est en hausse et touche la région de l'Est du Québec;
- l'impact sur les risques de submersion et sur les taux d'érosion continuera de s'aggraver;
- la saison des glaces diminuera d'environ six semaines d'ici 2050. Les glaces de mer seront plus mobiles, surtout dans le nord du golfe;
- le nombre de vagues produites par les tempêtes augmentera et que la diminution du couvert de glace accroîtra leurs effets sur le littoral;
- la fréquence des pluies et des redoux hivernaux ainsi que des précipitations intenses a contribué à augmenter l'érosion des falaises observée entre 1992 et 2006, et une augmentation de ces phénomènes est anticipée.
Des choix difficiles
Des solutions de prévention de l'érosion, adaptées à chaque cas particulier, devront être mises en place.
Le consortium estime d'ailleurs qu'il ne serait pas approprié de procéder à un enrochement linéaire massif des zones à risques, comme le souhaitent certains citoyens.
Chercheur associé au Consortium Ouranos, Jean-Pierre Savard estime qu'il s'agit d'un mauvais réflexe. « On a tendance à aller un peu trop rapidement vers des méthodes très lourdes comme l'empierrement, les murs très hauts et très solides parce que c'est rassurant, mais en pratique ça ne s'avère pas toujours très efficace et la plupart du temps, très dommageable sur le plan environnemental », indique le spécialiste.
Le groupe Ouranos suggère plutôt des méthodes comme la recharge en sable, le déplacement des résidences et l'agrandissement des zones non constructibles. Selon le Consortium, les intervenants locaux appuient généralement cette approche.
Toutefois, le coordonnateur scientifique du ministère de la Sécurité publique, François Morneault, estime qu'un travail de sensibilisation au phénomène de l'érosion des berges reste à faire sur la rive sud du Saint-Laurent, ce qui n'est pas le cas sur la Côte-Nord où l'érosion est plus manifeste.
« Au lendemain d'une tempête, ils peuvent avoir perdu 10 mètres. Sur la rive sud, c'est plus rocheux, ce n'est pas 10 mètres que vous allez perdre, c'est 30 centimètres, mais au gré des années ça se mesure », fait valoir M. Morneault.
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