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Est du Québec / Refonte de la carte électorale

Les ruraux veulent une nouvelle loi

Mise à jour le mercredi 4 juin 2008 à 13 h 22

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Plusieurs mémoires déposés à Cabano et à Rivière-du-Loup dans le cadre des audiences de la Commission de la représentation électorale ont réclamé, mardi, le maintien du statu quo en attendant une révision de la loi.

Les représentants de la commission ont entendu une vingtaine de mémoires. Tous ou presque dénonçaient la disparition de la circonscription de Kamouraska-Témiscouata.

La commission propose d'associer dorénavant le Témiscouata à la nouvelle circonscription de Rivière-du-Loup-Témiscouata, tandis que le Kamouraska serait intégré à la circonscription de Côte-du-Sud.

Le président de la Conférence régionale des élus du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé, a rappelé l'urgence de préserver les leviers nécessaires au développement régional, dont le député est un élément essentiel.

La réduction du poids politique des régions rurales est aussi une préoccupation importante qui doit, selon M. Lagacé, porter la réflexion au-delà du seul redécoupage de la carte électorale.

« La Conférence régionale des élus du Bas-Saint-Laurent vous demande de maintenir le statu quo, pour l'instant, et de convier avec nous, les membres de l'Assemblée nationale à réfléchir sur une révision de la loi électorale qui permettra une refonte en profondeur des paramètres », a fait valoir M. Lagacé.

Ces propos rejoignent ceux du préfet de Kamouraska, Jean-Guy Charest, qui réclame le maintien intégral de la carte actuelle.

Nous sommes d'avis que si nécessité il y a de réformer quelque chose, c'est sans doute la loi électorale à laquelle il faut s'attaquer et non pas à la carte électorale.

— Jean-Guy Charest, préfet de la MRC de Kamouraska.

Démographie, ruralité et représentation électorale

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Les audiences de mardi ont nettement fait ressortir le clivage démographique qui s'annonce entre les régions rurales du Québec et le reste de la province.

Certains ont d'ailleurs souligné que si la proposition est de supprimer le Kamouraska-Témiscouata, ce n'est pourtant pas cette circonscription qui est hors norme, mais parce que ses deux voisines, Rivière-du-Loup et Montmagny-L'Islet le sont devenues.

Toutefois, note le directeur général des élections, la tendance au déclin démographique se maintient dans la région, et il faut respecter le principe d'un homme, un vote. Sans dénier ce principe, la Ville de La Pocatière relève que si cette tendance se maintient sans réflexion sur l'ensemble de la représentation du monde rurale, ce dernier sera bientôt représenté à l'Assemblée nationale par quelques circonscriptions aussi vastes que les régions administratives.

Le directeur de la Corporation de développement économique de La Pocatière, François Gendron, ajoute que la perte d'un député et de son poids politique sera un handicap de plus. « On fait des efforts importants pour stopper cette tendance à la décroissance démographique, pour stabiliser les populations, et on a besoin de tous les outils pour le faire », a-t-il signalé.

De son côté, la municipalité de Kamouraska a déploré la perte de son patronyme. Si la proposition du DGE est acceptée, les électeurs seront désormais intégrés à la nouvelle circonscription de Côte-du-Sud. Pour Kamouraska, il s'agit d'une perte sur le plan patrimonial, mais aussi une perte de visibilité pour une région qui dépend beaucoup de l'industrie touristique.

Par ailleurs, certains au Témiscouata craignent d'être désormais associés à Rivière-du-Loup. Ces résidents estiment que le futur député devra défendre des réalités divergentes entre un territoire, essentiellement rural, et celui de la ville centre de Rivière-du-Loup.

Le préfet du Témiscouata est venu rappeler les affinités qui s'étaient développées entre les deux régions depuis leur association en 1972. Comme beaucoup d'élus de la région, le préfet du Témiscouata croit qu'il est temps pour le Québec d'avoir un véritable débat sur la représentation électorale.

Refonte de la carte électorale au Québec

« On comprend que la commission a des problèmes comptables par rapport à l'application de loi, mais il faut aller beaucoup plus loin. [...] Dans le fond le message qu'on passe aujourd'hui, c'est celui de la ruralité. C'est le message de MRC comme la nôtre qui sont dévitalisées et qui vivent des difficultés démographiques », a admis le préfet.

Le maire de Cabano, Jacques Asselin, a d'ailleurs résumé assez bien l'opinion des résidents des deux MRC. « Nous avons le sentiment que nous ne sommes plus maîtres chez nous, que notre avenir est décidé par la majorité des grandes villes et que nous ne servons plus que de camp de vacances ou de bassin de ressources naturelles pour les urbains », a-t-il déclaré aux représentants de la Commission.

Contre toute attente, un seul citoyen est venu encourager la Commission à poursuivre sa démarche affirmant que les élus de la circonscription avaient négligé de prendre les mesures nécessaires pour garder leur population.

Mario Dumont interpellé

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Le président de la Conférence régionale des élus du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé, souhaite une prise de position de la part du député de Rivière-du-Loup, Mario Dumont, dans le dossier de la refonte de la carte électorale.

Il est suivi en cela par la CSN, qui demande à Mario Dumont de s'engager au maintien de toutes les circonscriptions du Bas-Saint-Laurent. Le Conseil central de la CSN dans la région accuse l'Action démocratique et son chef de cautionner le projet de refonte de la carte électorale qui fera disparaître une circonscription dans la région.

La centrale réclame le maintien des circonscriptions actuelles et la modification en profondeur de la loi électorale. Le regroupement syndical croit également qu'il est temps d'intégrer des éléments de la représentation proportionnelle au mode de scrutin.

Selon la CSN, la condamnation unanime du projet démontre que les modifications proposées ne reflètent en rien la réalité de la région.

La commission attendue de pied ferme

Entre 200 et 300 personnes ont manifesté à Cabano, en début d'après-midi, mardi, contre le projet de refonte de la carte électorale.

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Les préfets du Kamouraska et du Témiscouata devant les manifestants.

Ce rassemblement public, où tous les maires du Kamouraska et du Témiscouata étaient présents, se voulait une réponse populaire à la proposition de la Commission de la représentation électorale.

Les deux préfets des MRC du Témiscouata et du Kamouraska en ont profité pour communiquer les résultats de la campagne de sensibilisation et de mobilisation menée auprès des citoyens contre la disparition de la circonscription de Kamouraska-Témiscouata.

Les préfets ont indiqué que la commission avait reçu 60 résolutions de la part d'élus ou de représentants de la région contre les modifications proposées. Au total, 4172 personnes ont signé une pétition contre la refonte, et 1416 cartons-réponses ont été reçus.

Le préfet du Kamouraska, Jean-Guy Charest, et celui du Témiscouata, Serge Fortin, se sont dits satisfaits des résultats de cette campagne qui visait à démontrer l'opposition générale des électeurs contre le projet.

Le préfet de la MRC de Témiscouata s'inquiète de la diminution du poids politique du milieu rural.

Il rappelle que les électeurs du Témiscouata ont souvent vu les limites des circonscriptions fédérales ou provinciales changer au cours des années. « Pour une fois, à peu près en 1972, on avait établi en réalité le comté Témiscouata-Kamouraska, et pour une fois, on sentait une certaine stabilité dans notre développement, notre approche », rappelle le préfet.

Selon Serge Fortin, le projet de refonte de la carte électorale s'oppose à la politique dynamique d'occupation du territoire mise en place par le gouvernement.

Les bureaux municipaux du Témiscouata ont fermé leurs portes en après-midi, mardi, et les drapeaux ont été mis en berne devant les hôtels de ville.

La commission poursuit ses travaux, mercredi, à Saint-Siméon.

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