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 | Développement éolien Le Québec sous le vent |  |  |  |  | Mise à jour le mardi 6 mai 2008, 14 h 19 . |  |

Hydro-Québec retient 15 projets de parcs éoliens de huit promoteurs différents.
Ces projets seront répartis dans huit régions du Québec.
L'annonce en a été faite, lundi matin, par le premier ministre du Québec, Jean Charest, et le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal.
Les futurs parcs seront implantés entre 2011 et 2015. La puissance installée sera de 2004 MW au total.
- Deux projets en Montérégie
- Un projet dans le Centre-du-Québec
- Deux projets dans Chaudières-Appalaches
- Trois projets dans la Capitale-nationale
- Un projet au Saguenay
- Quatre projets au Bas-Saint-Laurent
- Un projet en Gaspésie
- Un projet sur la Côte-Nord
Québec insiste sur le fait que les projets ne seront implantés qu'après avoir franchi toutes les étapes du processus de consultation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. Acceptabilité sociale des projets sera, selon Québec, une des conditions essentielles à leur réalisation.
La société d'État paiera un total de 10,5 ¢ du kilowattheure. Le prix moyen des projets retenus est de 8,7 ¢ du kilowattheure. Le coût de transport pour acheminer l'électricité produite est de 1,3 ¢ du kilowattheure et celui du service d'équilibrage fourni par Hydro-Québec Production est estimé à 0,5 ¢ du kilowattheure.
En 2004, dans le cadre de son premier appel d'offres éolien, la société d'État a payé en moyenne 6,5 cents du kilowattheure. Le PDG d'Hydro-Québec Thierry Vandal admet que les coûts sont plus élevés que ceux des projets traditionnels de la société d'État. « Mais pour des approvisionnements éoliens, nous sommes très satisfaits », a-t-il ajouté.
Les contrats sont de 20 ans et devront être soumis à la Régie de l'énergie pour approbation.
Ces projets représentent des investissements de l'ordre de 5,5 milliards de dollars, dont 1,1 milliard de dollars en transport d'énergie.
Toutes les propositions retenues feront appel aux technologies de deux fabricants européens Énercon et Repower. Les deux entreprises devront engager 60 % de leurs dépenses au Québec et 30 % dans la zone désignée, soit la MRC de Matane et la région de la Gaspésie-Les Îles.
Promoteur gagnant
Cinq des projets retenus ont été présentés par le consortium Saint-Laurent-Energies.
 | (archives)
| Le groupe, formé des entreprises Hydroméga, EDF Énergies-Nouvelles et RES Canada, prévoit construire des parcs dans cinq régions différentes soit dans Chaudière-Appalaches (150 MW) et la Capitale-Nationale (74 MW) au Saguenay-Lac-Saint-Jean (350 MW) et au Bas-Saint-Laurent (300 MW) et en Minganie (80 MW).
La production annuelle moyenne de ces cinq projets sera de l'ordre de 3 milliards de kilowattheures, ce qui est suffisant pour alimenter 220 000 foyers pendant un an. L'investissement total de ces projets est évalué à 2 milliards de dollars.
Le consortium, qui utilisera la technologie du turbinier allemand Repower, construira des éoliennes d'une capacité de 2 MW. Tous les projets auxquels était associé le turbinier ont été retenus par Hydro-Québec.
Repower a ouvert il y a quelques mois une filiale canadienne basée à Montréal qui sera la plaque tournante des futures activités de Repower au Canada.
La fabrication des pales, des tours et des convertisseurs de puissance sera réalisée dans la région administrative de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et dans la MRC de Matane. Le groupe estime que la production de la zone désignée correspondra à 500 millions de dollars pour un investissement total de 1,2 milliard au Québec. Le premier appel d'offres de 1000 MW d'Hydro-Québec, dont l'implantation est toujours en cours, a permis de créer 1000 emplois en Gaspésie, dont 500 permanents.
Les sept autres promoteurs retenus par Hydro-Québec exploiteront la technologie d'une autre entreprise allemande, Énercon. Pour cette dernière, il s'agit d'un premier pas en Amérique du Nord.
Autres annonces à venir
Repower n'a pas encore indiqué où seront implantées ses futures usines de fabrication de composantes éoliennes. Enercon a fait savoir en fin de journée, lundi, qu'elle s'implanterait à Matane. Lors du premier appel d'offres de 1000 MW d'énergie éolienne, Hydro-Québec avait retenu la technologie de General Electric. Deux usines ont par la suite été construites dans la zone désignée, une à Matane et une à Gaspé.
Lors de cette annonce, le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard a indiqué que la société d'État procéderait au cours des prochains jours à un appel d'offres de 500 MW pour l'achat d'énergie éolienne issus de projets communautaires, soutenus par les communautés autochtones ou le monde municipal.
Québec entend développer 4000 MW d'énergie éolienne d'ici 2015. Cette production d'énergie propre, complémentaire à l'hydroélectricité, répondra aux besoins du marché domestique, mais sera aussi destinée aux marchés d'exportation.
L'appel d'offres de 2000 MW de la société d'État a été lancé en octobre 2005. Hydro-Québec avait reçu 66 propositions de 25 promoteurs pour un total de 7700 MW.
Les groupes écologistes applaudissent
L'annonce de la société d'État réjouit les groupes écologistes. Dans un communiqué conjoint, Équiterre, le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec, Vivre en Ville et le Centre de l'environnement- Écobâtiment, font valoir que cette annonce « affirme le rôle de leader du Québec dans le développement de l'énergie propre au Canada ».
Selon eux, le passage l'éolienne est en « quelque sorte le résultat de l'opposition populaire massive au projet du Suroît ».
Les écologistes ne trouvent pas beaucoup de notes négatives dans les projets. Contrairement à d'autres qui s'inquiètent de la pollution visuelle ou de l'éparpillement des projets, ces groupes y voient plutôt un impact économique positif. « La dispersion des projets sur l'ensemble du territoire québécois contribue à diversifier le développement de plusieurs régions en plus d'optimiser les capacités du réseau d'Hydro-Québec », explique Philippe Bourke, du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec dans le communiqué.
Une seule mise en garde, on veut que le gouvernement tienne compte des recommandations du BAPE sur « les impacts cumulatifs des projets sur les corridors migratoires et les paysages ».
Mais, on se félicite surtout que Québec ait décidé de faire de l'éolien l'une des pierres angulaires du développement énergétique de la province.
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