
Le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, est en France pour une visite de cinq jours.
 | Mario Dumont à Paris devant des gens d'affaires.
| La visite du chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) et député de Rivière-du-Loup, « c'est un peu le service minimum », a déclaré un habitué des réseaux franco-québécois à la Presse canadienne. Une manière d'expliquer qu'au cours de ce séjour parisien, aucune rencontre n'est prévue avec des responsables politiques de premier plan.
Contrairement aux chefs de l'opposition qui l'ont précédé, M. Dumont ne sera pas reçu par le premier ministre français à Matignon.
Avant lui, André Boisclair avait rencontré Dominique de Villepin, Jean Charest s'était entretenu avec Jean-Pierre Raffarin. Jacques Parizeau avait, quant à lui, eu droit à un tête-à-tête avec le président Mitterrand.
L'actuel premier ministre François Fillion n'a pas, en effet, pu dégager un moment pour recevoir M. Dumont. « Son agenda était trop chargé », avance l'entourage de M. Dumont, tout en admettant que l'ADQ ne dispose pas d'une visibilité suffisante en France.
Le modèle français de l'immigration
Mercredi, le chef de l'ADQ rencontrera toutefois Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'intégration et de l'identité nationale. L'immigration étant un des principaux chevaux de bataille de l'ADQ, il est probable que ce sujet dominera la rencontre entre les deux hommes.
Lundi soir, juste avant de prendre la parole devant des gens d'affaires à la délégation générale du Québec, Mario Dumont a affirmé que le Québec pouvait « s'inspirer de la maturité » avec laquelle la France aborde ce sujet, même si « les défis ne sont pas les mêmes ».
« L'aplaventriste ne mène nulle part. On l'a vu dans le dossier des accommodements raisonnables », a ajouté M. Dumont.
Considéré comme un des principaux lieutenants du président Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux est un partisan de la fermeté en matière d'immigration.
Il est à l'origine d'une loi très restrictive et controversée, prévoyant des tests d'ADN pour vérifier le bien-fondé des demandes de regroupement familial.
Il aussi donné aux forces de l'ordre des objectifs chiffrés en matière d'expulsions d'étrangers: 26 000 pour 2008.
La création du ministère de l'Immigration, en mai 2007, avait suscité une controverse en France entre, d'une part, ceux qui estimaient souhaitable une prise en compte spécifique de l'immigration et, d'autre part, ceux qui s'inquiétaient que le rapprochement entre « immigration » et « identité nationale » contribue à renforcer les préjugés négatifs contre les émigrés.
Au cours de sa visite, Mario Dumont doit également rencontrer:
- François Hollande, le premier secrétaire du Parti socialiste;
- Jean-Pierre Raffarin, le commissaire français du 400e de Québec;
- Jean-Marie Bockel, le secrétaire d'État à la Coopération et à la Francophonie;
- Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée nationale;
- Abdou Diouf, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie.
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