
Les partis politiques laissent les travailleurs de l'industrie forestière très amers et désabusés à Forestville et Baie-Comeau.
Ces gens craignent de se retrouver au chômage parce que cinq scieries auront perdu jusqu'à 42 % de leur approvisionnement en bois de 2003 à 2008, à la suite de l'application du rapport Coulombe et des recommandations du forestier en chef. Des 4000 emplois que comptait la Côte-Nord, 500 ont déjà été perdus et 500 autres risquent de disparaître.
La scierie Berscifor, au nord de Forestville, a perdu 20 % de son approvisionnement en bois. Selon un travailleur, Yvon Dumont, elle risque d'en perdre encore autant : « On marche plus serré. Moins de réparation, puis moins de personnel. D'après moi, en 2008, c'est sûr que l'on va arrêter. »
M. Dumont ne fait confiance à aucun parti pour empêcher la fermeture de la scierie : « Ça fait combien d'années qu'ils disent plein d'affaires, puis rien ne se fait? »
Près de Baie-Comeau, Gilles Gilbert a perdu sa permanence lorsqu'Abitibi-Consolidated a fermé une de ses deux lignes de sciage: « Je suis à la maison puis j'attends, je suis sur appel. Je me retrouve à l'assurance-chômage, ce qui fait que j'ai 200 $ de moins net par semaine. »
Les candidats péquiste et libéral soutiennent qu'il faut couper moins de bois et qu'il faut restructurer l'industrie. Le représentant des industriels forestiers de la Côte-Nord, Charles Warren, n'est pas d'accord. « Il y a beaucoup des baisses anticipées qui sont quelque part des choix de gestion. Il y a possiblement des choses à questionner de nouveau dans ça », dit-il.
M. Warren croit qu'en étudiant mieux la forêt et en intensifiant la sylviculture, on pourrait sauver en partie l'approvisionnement sans nuire à l'écologie. Yvette Jean Bernier, enseignante au programme Technologie forestière au Cégep de Baie-Comeau, partage cet avis: « Je ne suis pas d'accord que de grandes superficies soient gelées pour aucune raison alors que l'on pourrait créer de l'économie avec. »
Charles Warren et Yvette Jean Bernier déplorent qu'aucun parti n'ose remettre en question la base même des calculs qui enlèvent jusqu'à 42 % de la possibilité forestière des scieries de Sacré-Coeur à Baie-Comeau. Ils doutent du comité d'analyse annoncé par Québec.
Yvette Jean Bernier parle d'une aberration à la fois économique et écologique lorsque les gouvernements freinent la coupe des forêts très matures.
Selon elle, si cette forêt n'est pas coupée maintenant, les usines se retrouveront tout de même en rupture de stock dans une quinzaine d'années. De plus, les arbres qui pourriront en forêt vont causer des gaz à effet de serre, explique-t-elle: « Le jeune arbre que tu plantes, lui, il prend du CO2 puis il le transforme en oxygène tout le temps parce que lui fait sa photosynthèse de plus en plus tout le temps qu'il grandit. »
Yvette Jean Bernier et Charles Warren croient qu'il faut réviser d'urgence les calculs et les méthodes de récolte en accélérant la recherche et intensifier l'aménagement forestier de même que la sylviculture, des mesures que tous les partis ont promis d'adopter.
Mme Jean Bernier et M. Warren croient qu'il est possible de répondre aux besoins des usines tout en respectant l'environnement.
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