
 | Jean Charest et Pierre Corbeil
| La stratégie énergétique du gouvernement québécois, dévoilée jeudi matin, aura des impacts sur plusieurs plans dans les régions. Le premier ministre Jean Charest et le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Pierre Corbeil, ont annoncé un plan en cinq grands volets: hydroélectricité, énergie éolienne, efficacité énergétique, nouvelles technologies énergétiques et hydrocarbures.
Les projets hydroélectriques mis en branle fourniront à terme 4500 mégawatts de puissance supplémentaire. Ils impliquent des investissements de 25 milliards de dollars et permettront de créer quelque 70 000 emplois, selon les chiffres fournis par le gouvernement. Ils seront d'une ampleur comparable à la deuxième phase de développement de la baie James.
Hydro-Québec investira 3 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années pour aménager les rivières exploitables. Les mégaprojets de La Romaine et Petit-Mécatina, sur la Basse-Côte-Nord, pourraient générer à eux seuls 3000 MW, selon le ministre Corbeil. Le projet d'Eastmain-Rupert, ainsi que d'autres projets dans la baie d'Ungava ont été mentionnés par Jean Charest.
La réalisation de ces grands projets devrait profiter aux quelque 500 travailleurs de la construction du Bas-Saint-Laurent qui fréquentent habituellement les grands chantiers nordiques.
Québec lève aussi le moratoire sur la construction de petites centrales de 50 MW et moins par des communautés régionales ou autochtones. Jean Charest affirme que cela se fera selon des conditions strictes : « Nous ne ferons pas la promotion du développement de barrages privés, leur contribution n'est pas significative pour nous ». Il ajoute que « le gouvernement ne fait pas la promotion du développement de petits barrages hydroélectriques privés. Le moratoire à ce sujet continue ».
De plus, les autoproducteurs de moins d'un mégawatt d'électricité pourront vendre dorénavant leurs surplus à Hydro-Québec.
Terminaux méthaniers
Québec veut relancer l'exploration gazière et pétrolière dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent, en suivant les recommandations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. Le gouvernement Charest veut aussi négocier avec le fédéral une entente sur les revenus provenant des ressources naturelles, à l'image de celles conclues avec la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador.
La construction de terminaux méthaniers sera également permise, si les évaluations environnementales sont concluantes. Ces terminaux pourraient servir pour l'exportation de gaz naturel vers les États-Unis, où, par ailleurs, la construction de ports méthaniers est fortement contestée. « Nous agirons selon nos intérêts », a soutenu le premier ministre Charest.
 | Simulation virtuelle du projet de Gros-Cacouna du promoteur Énergie Cacouna.
| De telles installations sont d'un grand intérêt, estime le gouvernement, car elles permettraient de diversifier les approvisionnements en gaz naturel et de mettre fin à la dépendance du Québec à l'égard des gaz méthaniers qui proviennent de l'Ouest canadien.
« Les projets de terminaux méthaniers représentent des occasions d'investissement et de création d'emplois qu'on ne peut pas négliger. Il faut cependant mesurer tous les impacts possibles et c'est exactement ce que nous allons faire », a affirmé le premier ministre Charest.
À Gros-Cacouna, le projet de terminal méthanier divise la population. Les partisans sont séduits par les retombées locales, estimées à 700 millions de dollars. Les opposants, dont les environnementalistes, mettent en doute la crédibilité des audiences publiques, qui comenceront lundi prochain. Ils accusent aussi Énergie Cacouna de cacher certaines informations, notamment sur la construction du gazoduc, un des éléments fondamentaux du projet.
Le projet de terminal méthanier Rabaska se heurte aussi à l'opposition de plusieurs groupes de citoyens dans la région de Québec. Certains craignent que le gouvernement recoure à une loi spéciale pour imposer ce terminal méthanier. Jean Charest mentionne que son gouvernement n'envisage ce recours.
Énergie éolienne
La stratégie énergétique de Québec prévoit aussi lancer des projets de production de 4000 MW au total, 40 fois plus qu'en 2003. La réalisation d'un bloc de projets totalisant 500 MW sera confiée aux régions et aux communautés autochtones.
Au bout du compte, le gouvernement estime que 10 % de l'énergie produite au Québec proviendra de l'éolien. La création éventuelle de réseaux d'énergie autonomes en couplant l'éolien et le diesel est également sur la table.
Ce volet devrait profiter aux usines de fabrication de pales, de tours et de nacelles de l'Est-du-Québec.
 | Panneaux solaires
| Nouvelles technologies énergétiques
Québec veut faire la promotion de la production d'énergie géothermique et solaire, ainsi qu'encourager l'utilisation de biodiesel et d'éthanol comme carburants.
Le gouvernement encouragera la mise en place de petits projets innovateurs de production d'énergie, comme des petites génératrices ou des panneaux solaires. Une enveloppe de 40 millions de dollars pourrait éventuellement être disponible à cet effet, selon le ministre Corbeil.
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