Un débat crucial

Shawn Graham Shawn Graham, chef libéral

Le débat des chefs politiques du Nouveau-Brunswick, mardi soir, a permis de confronter quatre visions différentes.

Le débat des chefs politiques du Nouveau-Brunswick a été l'occasion de plusieurs discussions animées, notamment sur les enjeux de l'économie, de l'énergie et du leadership politique.

Le débat a mis aux prises le premier ministre sortant et chef du Parti libéral, Shawn Graham, le chef du Parti progressiste-conservateur, David Alward, le chef du Nouveau Parti démocratique, Roger Duguay, et le chef du Parti vert, Jack MacDougall. Le chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, a décliné l'invitation à ce débat.

Le débat portait sur les défis de l'économie, de l'énergie, de la croissance démographique, du leadership politique et des droits des francophones. Ce sont les discussions sur l'emploi, l'avenir d'Énergie N.-B et le leadership qui ont provoqué le plus d'étincelles.

Les choix économiques

Shawn Graham a affirmé que le Nouveau-Brunswick a gagné 13 700 nouveaux emplois au cours des quatre dernières années. Roger Duguay a avancé une interprétation différente. « Lorsqu'on regarde tous les chiffres pour l'année 2009, il y a eu zéro création d'emploi net », a-t-il lancé.

David Alward a attaqué M. Graham en déclarant que la province avait augmenté sa dette de 50 % ces dernières années. Il a ajouté que ce sont les petites entreprises qui ont créé des emplois. « Et vous avez augmenté leur taux d'impôt par 500 % », a-t-il souligné.

L'avenir énergétique

David Alward David Alward, chef progressiste-conservateur

David Alward a dénoncé le projet avorté des libéraux de vendre des actifs de la société Énergie N.-B. à Hydro-Québec. « M. Graham, quand allez-vous vous excuser pour essayer de vendre Énergie N.-B.? », a-t-il demandé. « On a fait des erreurs, mais en même temps on a essayé de faire le mieux », a répondu Shawn Graham

M. Alward a fièrement déclaré qu'Énergie N.-B. n'est pas à vendre. Roger Duguay lui a renvoyé la balle un peu plus tard en disant que les progressistes-conservateurs de Bernard Lord avaient aussi tenté de vendre Énergie N.-B., mais sans trouver d'acheteur. M. Duguay a affirmé que son propre parti ne vendrait jamais cette société.

Jack MacDougall a promis qu'un gouvernement vert réduirait la dépendance de la province envers les combustibles fossiles et le nucléaire pour exploiter davantage les sources d'énergie renouvelables. Il a pris Roger Duguay au dépourvu quand il lui a demandé si le NPD appuyait l'énergie nucléaire. M. Duguay a répondu que son parti vise à augmenter la production d'énergie renouvelable.

Le leadership politique

Roger Duguay Roger Duguay, chef néo-démocrate

Le chef progressiste-conservateur a reproché au premier ministre sortant de ne pas avoir tenu compte de l'opinion publique au cours de son mandat. Il a qualifié cela de manque de respect envers la population.

« J'ai beaucoup appris depuis 2006. Consulter la population, je réalise que c'est important », a répliqué M. Graham.

À plusieurs reprises, Shawn Graham a attaqué David Alward pour les décisions du gouvernement de Bernard Lord, dont il faisait partie. Il lui a notamment reproché la réforme de la santé qui a entraîné la fermeture d'hôpitaux ruraux.

Roger Duguay a reproché aux libéraux et progressistes-conservateurs d'avoir augmenté la pension des députés. Il a promis que les députés néo-démocrates remettraient une partie de leur salaire à des oeuvres de charité.

Les droits des francophones

David Alward a qualifié d'inacceptables deux réformes imposées par le gouvernement libéral sortant, soit l'abolition du programme d'immersion précoce et la réforme des régies de la santé qui a été contestée par le groupe Égalité santé en français. Shawn Graham a promis que son gouvernement améliorerait les services publics en français.

Jack MacDougall Jack MacDougall, chef des verts

Roger Duguay, pour sa part, a reproché aux progressistes-conservateurs de n'avoir rien fait pour améliorer l'immersion en français lorsqu'ils étaient au pouvoir.

Le chef vert a peu participé aux différents débats, visiblement moins habile en français. Il a même sollicité le soutien des francophones pour améliorer ses connaissances de cette langue. « Enseignez-moi, invitez-moi chez vous dans [votre] cuisine, aidez-moi », a-t-il demandé.

Enfin, le débat aura permis à chacun des chefs d'exposer les grandes lignes du programme électoral de son parti.

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