Vancouver, 125 ans d'histoire

De la petite ville de la côte ouest à la métropole qu’elle est devenue, Vancouver s’est élevée en bien peu de temps. Explorez l’histoire de ce développement fulgurant avec quelques fragments choisis qui témoignent de la détermination et de l’esprit d’entreprise de ses pionniers et bâtisseurs.

Des pionniers hors de l’ordinaire

Rive sud de l’anse Burrard, années 1860 : une forêt. Trois Britanniques ont tenté de construire une briqueterie à l’extrémité nord de l’actuelle rue Burrard, sans grand succès. Plus à l’est, Edward Stamp établira la scierie Hastings. Prémices de ce qui deviendra Gastown. Deux pionniers y laisseront leur trace d’une manière inattendue : John « Gassy Jack » Deighton, un capitaine de navire devenu tavernier, dont le surnom a inspiré l’appellation de la ville, et Maximilien Michaud, dit Maxie, un francophone de Lévis qui franchira près de 4000 km à pied pour devenir le premier maître des postes.

De Gastown à Vancouver

À ses débuts, Gastown présentait le pittoresque des petites villes du Far West. Promise à devenir un terminus du chemin de fer du Canadien Pacifique, elle sera incorporée sous le nom de Vancouver le 6 avril 1886. Lors de l’arrivée du train transcontinental, en 1887, la ville montre déjà des signes de prospérité. D’une population d’environ 1000 habitants, on assiste à une croissance phénoménale : 20 000 habitants au tournant du siècle et 100 000 une décennie plus tard.

Le grand incendie

Deux mois après la constitution de la ville, un feu de broussailles entre les actuelles rues Main et Cambie s’étend et devient vite non maîtrisé. Il a fallu moins d’une heure au brasier pour raser la jeune ville, constituée pour l’essentiel de bâtiments de bois. Si Vancouver est réduite en cendres en un temps record, c’est avec une tout aussi remarquable rapidité que ses habitants s’affairent à la reconstruire.

L'île Deadman

Située en face du parc Stanley, dans Coal Harbour, l’île a reçu cette désignation en 1937 de la Commission de toponymie du Canada. Les Squamish qui peuplaient cette région se contentaient de la nommer « skwtsa7s », qui signifie « île ». Le chef Capilano dissuadera l’explorateur John Morton de l’acquérir dans les années 1860, arguant que cette « terre morte » fut le théâtre d’une guerre sanglante où des centaines de guerriers trouvèrent la mort. L’île a servi de cimetière, puis de lieu de quarantaine pour les malades de la variole, avant de devenir une base de la réserve navale NCSM Discovery.

Origines du nom des rues

En 1885, le commissaire du Canadien Pacifique Lauchlan Hamilton est dépêché sur le terrain pour configurer les rues de ce qui deviendra le centre-ville de Vancouver. Des membres de la compagnie de chemin de fer, des compagnies navales, des hommes d’affaires sont alors immortalisés dans la toponymie des lieux. Autre temps, autres mœurs : dans les années 1950, un autre urbaniste fera une contribution inusitée à la postérité de la ville. Quel est donc ce legs de J. Alexander Walker?

Un W sur la ville

Fin du 19e siècle, la ruée vers l’or amène de nombreux prospecteurs dans la province, et les villes voient un afflux important de population. Charles Woodward établit en 1892 un magasin général au coin des actuelles rues Main et Georgia. Le premier jalon d’un empire commercial venait de voir le jour à Vancouver. En 1927, il fait ériger au sommet de l’édifice une réplique de la tour Eiffel, surmontée d’un phare. Il lui substituera plus tard un énorme W. Retour sur l’histoire de cette lettre géante.

Les origines de Kitsilano

Le quartier Kitsilano a connu une notoriété à partir des années 1960 en devenant le secteur de prédilection des chantres de la contre-culture, des écolos et des végétariens. Mais son histoire colorée a débuté bien avant. D’abord territoire squamish devenu quartier ouvrier, en raison de sa proximité de plusieurs industries, aujourd’hui rajeuni au goût des yuppies, le secteur n’a pas toujours reçu l’appellation qu’on lui connaît maintenant. Retour sur l’origine de son nom.

Le ruisseau des brasseries

Entre 1888 et 1912, nombre de brasseries se sont établies dans le quartier Mount Pleasant. L’actuelle rue Scotia constituait le lit d’un ruisseau qui permettait d’alimenter en eau les commerces et industries qui florissaient dans ce secteur. Aujourd’hui, les immeubles qui ont hébergé ces activités ont trouvé une nouvelle vocation : plusieurs sont devenus des ateliers d’artistes.

L’empreinte de Louis Denison Taylor

Américain d’origine, Louis Denison Taylor s’établit à Vancouver en 1896. Il travaille pour le Vancouver Daily province avant d’acquérir le Vancouver World, pour lequel il fait construire un édifice désormais célèbre. Repris par le Vancouver Sun, l’immeuble est aujourd’hui connu sous le nom de Sun Tower. Taylor devient le 14e maire de Vancouver et occupera ce poste pendant 11 ans entre 1910 et 1934. C’est sous son règne que Point Grey et South Vancouver ont été fusionnés à la ville.

Le premier archiviste municipal de Vancouver

Première ville au Canada à posséder ses propres archives, Vancouver doit ce titre en grande partie à l’obstination d’un homme, le major James Skitt Matthews. Il arrive à Vancouver à la fin des années 1890 et travaillera pour Imperial une vingtaine d’années avant de devenir le premier archiviste de la ville, en 1933. À sa mort, son testament fait foi de l’importance qu’il accordait à la conservation des traces de l’histoire de la ville...

Le pont Second Narrows

Achevé en 1925, le pont relie North Vancouver à Vancouver. Avant sa construction, il fallait 20 minutes en bateau pour traverser l’anse Burrard. À l’origine pont routier, on y intègre une voie ferrée en 1926. Au fil des années, plusieurs bateaux ont heurté ce pont, qui sera vendu au CN en 1963. En 1957, alors qu’on entreprend la construction du deuxième pont Second Narrows, des incidents coûteront la vie à 25 ouvriers. Puis, le 17 juin 1958, une large section du pont s’effondre et s’engouffre dans l’anse Burrard, faisant près de 20 morts. Le nouveau pont sera inauguré deux ans plus tard, et son passé tragique lui vaudra son surnom : The Ironworkers Memorial Bridge, en mémoire des travailleurs qui y ont perdu la vie. CBC a saisi ces images à la suite de l’effondrement de 1958.

Le pont Burrard

On avait prévu 1,6 million de dollars pour la construction du pont Burrard. Lors de son inauguration le 1er juillet 1932, ces coûts avaient presque doublé. Les architectes Sharp & Thompson ont voulu embellir la structure de métal avec un portail en béton de style art déco. Ce pont relie le West End et le quartier Kitsilano.

Le pont Lions Gate

Officiellement nommé First Narrows Bridge, le pont suspendu qui traverse l’anse Burrard tire son appellation commune de la paire de montagnes au nord de Vancouver. En 2005, l’ouvrage a été désigné site historique du Canada. Le projet avait suscité l’opposition à l’origine; on craignait la dégradation d’un des beaux lieux naturels de la ville, le parc Stanley. Le pont est construit durant la Grande Dépression, et le maire convainc la famille Guinness d’investir. Un an et demi après le début des travaux, le pont est ouvert à la circulation en novembre 1938, mais il sera officiellement inauguré lors de la visite du roi George VI au printemps suivant. Le Musée McCord propose une visite virtuelle de la construction du pont.

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Défilé du jubilé

Le 24 mai 1936, la ville célèbre son cinquantenaire avec un défilé et l’inauguration de l’édifice de l’hôtel de ville, situé à l’angle de la rue Cambie et de la 12e Avenue. Après des décennies de discussions sur l’emplacement de l’hôtel de ville, l’administration du maire Gerry McGeer opte pour Mount Pleasant, quartier que celui-ci habitait, ce qui pouvait être interprété comme une forme de bienvenue à l’ancienne ville de South Vancouver, amalgamée à Vancouver quelques années plus tôt.

Destruction d’un bâtiment patrimonial

Le premier édifice de style art déco de Vancouver voit le jour en 1929 à l’angle des rues Georgia et Hornby : c’est le Georgia Medical-Dental Building, des architectes McCarter et Nairne. Soixante ans plus tard, malgré une campagne pour le préserver, l’édifice est détruit par implosion, le dimanche 28 mai 1989. On a toutefois sauvegardé les statues qui y décoraient l’extérieur pour les replacer sur le nouvel édifice au même emplacement.

Le toit de BC Place

En 2010, un symbole emblématique du paysage urbain de Vancouver a disparu. Le toit du stade inauguré en 1983 a été dégonflé, il sera remplacé par le plus gros toit rétractable au monde. C'est avec nostalgie que certains Vancouvérois ont observé la scène.

Construction du Skytrain

Il y a 25 ans, Vancouver inaugurait son métro aérien, qui a aussitôt suscité un véritable engouement. Une nouvelle rame, le Canada Line, fut construite pour les Jeux olympiques de 2010. Vancouver est alors devenue la seule grande ville canadienne à offrir un service de train rapide entre le centre-ville et l’aéroport. Aujourd’hui, le service de transport est trois fois plus important qu’à l’époque et son expansion n’est pas terminée.

Musée des beaux-arts

Fondé en 1931 dans la rue Georgia Ouest, le Musée des beaux-arts de Vancouver (Vancouver Art Gallery) a déménagé en 1983 dans l’édifice de l’ancien palais de justice à Robson Square. L’édifice original, conçu par Francis Rattenbury dans le style néoclassique, a été rénové par l’architecte vancouvérois Arthur Erickson. Sa collection permanente comprend notamment des œuvres majeures d’Emily Carr, du Groupe des Sept ainsi que des illustrations de Marc Chagall. Depuis au moins cinq ans, le musée songe à déménager afin de doubler sa superficie. La question n'est toujours pas résolue.

Les tours de verre

Combinez une forte densité de population à la volonté de préserver des espaces naturels et vous trouverez l’une des caractéristiques architecturales de Vancouver : ses tours. Cette approche amorcée vers la fin des années 1950 dans le quartier West End s’est diffusée au cours des années dans d’anciens quartiers industriels reconvertis en espaces résidentiels. Et l'horizon de Vancouver risque encore de changer dans les prochaines années, puisque le conseil municipal envisage d’autoriser la construction de tours de 70 étages et plus. Deux entreprises vancouvéroises veulent construire au centre-ville trois gratte-ciel au-delà des limites déjà atteintes. Ces nouveaux gratte-ciel vont-ils gâcher la vue?




Billets d’humeur : Dans mes quartiers avec Charles Demers
Charles Demers est un humoriste, militant, et un membre habitué de la série The Debaters à l’antenne de Radio One de la CBC. Il est également l’auteur de Vancouver Special dans lequel il nous livre ses commentaires sur sa ville natale et ses différents quartiers. Il nous offre cette série de cinq commentaires… dans mes quartiers!

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Les Chroniques historiques de Maurice Guibord
Maurice Guibord est un passionné d’histoire. Connu pour son intérêt dans les domaines de la culture et du patrimoine, il a travaillé pour le musée Glenbow de Calgary et le Burnaby Village Museum. Conseiller fondateur de la société Heritage Vancouver et de la Société historique francophone de Colombie-Britannique, il offre aussi des visites guidées patrimoniales dans les rues de Vancouver.

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Les attractions les plus prisées
Vous vivez à Vancouver et vous voulez nous faire découvrir votre ville?
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Faites-nous connaître vos choix parmi les sites à voir et les événements à ne pas manquer en Réordonnant cette liste par ordre de préférence!

  1. Île Granville (8.5%)
  2. Parc Stanley (7.9%)
  3. Canada Place (7.6%)
  4. Gastown (7.3%)
  5. Chinatown (6.8%)
  6. Aquarium (6.5%)
  7. Plage d’English Bay (6.1%)
  8. Musée des beaux-arts (6.1%)
  9. Musée d’anthropologie (5.7%)
  10. Musée de Vancouver (5.1%)
  11. Parc Queen Elizabeth (5%)
  12. Science World (4.7%)
  13. Barclay Heritage Square (3.8%)
  14. Jardins Sun-Yat Sen (3.5%)
  15. Pont Lions Gate (3.3%)
  16. Planétarium (3.2%)
  17. Vancouver Public Library (2.6%)
  18. Skytrain (2.4%)
  19. Plage Jericho (2.4%)
  20. Plage nudiste Wreck Beach (1.4%)




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