Zone Yukon

Décès de la famille Rusk : l'enquête du coroner examine le rôle de la cheminée

La famille Rusk.

L'enquête du Coroner du Yukon sur la mort d'une famille et de leur chambreur dans une résidence du quartier de Porter Creek se poursuit à Whitehorse.

Valérie et Bradley Rusk, leurs deux enfants Gabriel et Rebekah ainsi que leur chambreur Donald McNamme sont morts empoisonnés au monoxyde de carbone en janvier 2011.

Les témoignages entendus depuis le début des audiences lundi semblent confirmer ce qu'a déjà noté le rapport du bureau des services des incendies du territoire en avril 2012, soit qu'un défaut de la cheminée a entraîné l'empoisonnement des cinq victimes.

John Whitney, un entrepreneur qui a réparé la cheminée de briques il y a 20 ans, a témoigné qu'il avait installé un revêtement en métal à l'intérieur de celle-ci, car le revêtement en céramique qui s'y trouvait s'était désintégré.

Un revêtement de métal introuvable

Les enquêteurs qui ont examiné la cheminée à la suite de la tragédie n'y ont pas trouvé de revêtement de métal, ni de restes de ce revêtement.

L'entrepreneur a témoigné que même un revêtement de métal pouvait finir par se désintégrer avec le temps, mais que normalement il devrait en rester des morceaux dans la cheminée.

John Whitney n'a pas pu expliquer pourquoi les enquêteurs n'en ont trouvé aucune trace.

Cinq personnes sont mortes dans cette maison à Whitehorse

Une copie d'un permis de construction livré par la Ville de Whitehorse présenté à l'audience révèle qu'une fois terminés, les travaux effectués par l'entrepreneur John Whitney ont été inspectés.

L'inspecteur municipal à la retraite, Stan Dick, a témoigné qu'il n'avait pas vu de revêtement en métal dans la cheminée, mais qu'il avait accepté la parole de l'entrepreneur qui affirmait en avoir installé un.

D'autres experts ont témoigné mardi au sujet de l'état de la cheminée et du système de chauffage de la résidence.

La famille était malade

Lundi, le jury de six personnes a entendu que quelques jours avant sa mort, Valérie Rusk a rendu visite à son médecin en larmes, demandant un rendez-vous parce qu'elle et sa famille étaient très malades.

Tous souffraient de maux de tête, de faiblesses et de nausées. Un rendez-vous a été fait pour le lendemain, mais la famille était trop malade pour s'y rendre.

Ils sont morts quelques jours plus tard.

Un silence troublant

Des pompiers ont témoigné lundi que lorsqu'ils ont pénétré dans la résidence de la famille Rusk, les voyants et l'alarme sonore de leur détecteur de gaz se sont déclenchés, indiquant des niveaux si élevés qu'ils ne pouvaient être mesurés par l'appareil.

Ils ont ajouté que cette alarme tranchait avec le silence qui régnait dans la maison.

Ces pompiers, qui ont plus de vingt ans d'expérience chacun, ont affirmé n'avoir jamais rien vu de tel.

Les détecteurs de monoxyde de carbone et de fumée de la résidence étaient silencieux alors que les rideaux et les couvre-lits étaient couverts de suie.

Des photos de l'intérieur de la résidence montrent que le détecteur de fumée était également couvert de suie et que les plantes d'intérieur étaient mortes ou mourantes.

L'enquête du coroner doit se poursuivre jusqu'à vendredi.

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