Échantillon d'explosif oublié dans un avion par la police des transports en commun 

Une voiture de la police des transports en commun de Metro Vancouver.

Un agent de la police des transports en commun de Metro Vancouver a oublié de retirer un explosif d'un avion d'Air Canada après un exercice de formation il y a deux ans.

L'échantillon, qui n'était pas muni d'un détonateur, n'a jamais été retrouvé, et ce malgré une enquête exhaustive.

Selon un document obtenu par la Fédération des contribuables du Canada en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, l'incident a eu lieu en janvier 2011 quand un maître-chien policier effectuait des exercices de formation avec son animal à bord d'un appareil à l'Aéroport international de Vancouver.

Deux jours après l'exercice, le maître-chien a sonné l'alerte quand il s'est aperçu qu'il avait oublié un des échantillons d'explosif à bord de l'avion qui s'était depuis envolé pour Toronto.

L'appareil a été fouillé ainsi que la résidence et le véhicule du policier. Des recherches ont également eu lieu sur les autres sites de formation utilisés par le maître-chien et dans les déchets de l'aéroport de Vancouver.

Une enquête a conclu que l'échantillon avait vraisemblablement été trouvé par le personnel chargé de nettoyer l'avion et jeté aux poubelles pour ensuite être incinéré avec le reste des déchets.

« On nous a affirmé que l'avion avait été fouillé de fond en comble 14 fois et nous sommes donc convaincus que l'échantillon n'y est plus », affirme la police des transports en commun de Metro Vancouver dans un rapport sur l'incident.

Le rapport note également que la police des transports a mis en place de nouveaux protocoles pour éviter qu'un tel événement ne se reproduise.

Selon la porte-parole de la police des transports de Metro Vancouver, Anne Drennan, le maître-chien a démissionné et les policiers ne se servent plus d'avions qui transportent des passagers pour ce genre d'exercice d'entraînement.

Une enquête coûteuse

Le directeur de la Fédération des contribuables du Canada, Jordan Bateman, soutient qu'il est inexcusable qu'un policier oublie un explosif dans un avion.

« Bien qu'il soit très plausible que l'échantillon d'explosif ait abouti aux poubelles, il pourrait également être entre les mains de quelqu'un », souligne-t-il. « La police des transports n'est pas certaine à 100 % de l'endroit où a abouti l'échantillon d'explosif ».

Jordan Bateman note que cet incident a non seulement risqué la vie de citoyens, mais que l'enquête qui a suivi a coûté très cher aux contribuables.

« Le tout parce que quelqu'un a eu l'idée saugrenue qu'un chien pisteur de la police des transports en commun devrait savoir comment repérer une bombe dans un avion commercial », a-t-il ajouté.

« Les deux tiers du travail effectué par ces agents consistent à vérifier que les passagers ont payé pour leur trajet », souligne-t-il. « Un audit auprès des services de police de Vancouver a démontré qu'en moyenne, les policiers du transport s'occupent de moins de dix dossiers de crime sérieux ou liés à la propriété par année. »

Selon Jordan Bateman, une soixantaine d'agents de la police de transports en commun de Metro Vancouver reçoivent un salaire annuel de plus de 100 000 $.

Une force policière comme les autres

La police des transports est une force policière officielle en vertu de la loi sur les forces policières de la Colombie-Britanique.

Ses membres possèdent la même autorité que les autres forces policières municipales de la province.

La police des transports a pour mandat d'assurer la sécurité des moyens de transport en commun du sud-ouest de la province et d'ainsi appuyer la GRC et les forces policières locales.