Une récente étude sur la fracturation hydraulique était fausse

Valve d'un puits de gaz de schiste Valve d'un puits de gaz de schiste

Une étude présentée à Vancouver plus tôt cette année par des chercheurs de l'Université du Texas, qui concluaient que la fracturation hydraulique n'avait pas d'impact environnemental négatif sur les sources d'eaux naturelles, a finalement été déclarée fausse par un comité de révision mandaté par l'Université.

Les chercheurs, qui ont présenté leur recherche dans le cadre du congrès de l'Association américaine pour l'avancement de la science en février dernier, ont affirmé que la fracturation hydraulique ne serait pas la cause de la contamination de l'eau potable.

La pollution viendrait plutôt de fuites au niveau du sol ou à de mauvaises manipulations des eaux usées, soit des problèmes associés à tous les procédés de pompage de gaz naturel.

Les résultats de cette étude contredisaient toutefois l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), qui annonçait en décembre 2011 que la méthode de récupération du gaz de schiste pourrait être à l'origine de la contamination des nappes phréatiques.

C'est l'association à but non lucratif Public Accountability Initiative qui a alerté l'Université du Texas sur l'indépendance de la recherche du scientifique américain Charles Groat, le directeur de la récente étude. Cette organisation américaine enquête sur les pouvoirs et la corruption au sein des entreprises et des gouvernements.

Le directeur de l'organisation, Kevin Connor, explique que Charles Groat se retrouvait en conflit d'intérêts, car « l'auteur principal de l'étude n'a jamais mentionné qu'il siégeait au sein d'un conseil d'une compagnie gazière et qu'il aurait reçu 2 millions de dollars pour sa position ».

L'Université du Texas a approuvé les conclusions du comité de révision, qui soulignait le conflit d'intérêts et un manque de rigueur scientifique.

« Les intérêts sont tellement grands que [les représentants de] l'industrie, dès qu'ils peuvent avoir un acolyte qui va mettre en avant des données qui soi-disant sous une couverture scientifique peut apporter de l'information qui est en faveur de leurs opérations, c'est sûr qu'ils vont utiliser cette information et cette personne au maximum », explique un hydrogéologue de Victoria, Gilles Wendling.

L'étude controversée a été retirée du site de l'Université, et un code de conduite plus strict encadrera désormais le travail des chercheurs.

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