Or noir à vendre

Une étude apporte des munitions à la C.-B. sur la question des revenus de pipelines

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Pipeline Colombie-Britannique Alberta Enbridge

L'Institut canadien de recherche en énergie (CERI) a publié mardi une étude qui servira à la Colombie-Britannique dans sa quête pour une part plus importante des revenus des projets de pipeline Northern Gateway et Trans Mountain.

L'étude démontre qu'elle récoltera nettement moins de retombées économiques que l'Alberta et même l'Ontario au cours des 25 prochaines années si ces pipelines sont construits.

Dans cette étude, le CERI note que l'impact économique des pipelines déjà en activité ou actuellement en construction sur le produit intérieur brut (PIB) du Canada représente 1,5 billion de dollars, dont 1,4 billion de dollars pour l'Alberta, 0,044 billion (44 milliards) de dollars pour l'Ontario et 0,019 billion (19 milliards) de dollars pour la Colombie-Britannique.

L'Alberta récolterait la part du lion des projets Northern Gateway et Trans Mountain

Les retombées du projet de pipeline Northern Gateway de Enbridge (TSX:ENB) sur le PIB du Canada sont estimées à 2,8 billions de dollars, dont 2,7 billions de dollars pour l'Alberta, 0,083 billion (83 millards) de dollars pour l'Ontario et 0,036 billion (36 milliards) de dollars pour la Colombie-Britanique.

Finalement, toujours selon ce rapport, les retombées du projet de pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan (TSX:KMI) sur le PIB du Canada sont estimées à 2,4 billions de dollars, dont 2,3 billions de dollars pour l'Alberta, 0,072 billion (72 milliards) de dollars pour l'Ontario et 0,031 billion (31 milliards) de dollars pour la Colombie-Britannique.

La nouvelle étude renforce les conclusions avancées par d'autres rapports, et reprises par la Colombie-Britannique, pour affirmer que la province obtiendrait environ 8 % des recettes fiscales estimées sur 30 ans, comparativement à quelque 40 % pour l'Alberta.

Kinder Morgan s'attendait aux conditions imposées par la C.-B.

D'autre part, un porte-parole de la compagnie Kinder Morgan, Andrew Galarnyk, a déclaré mardi qu'elle n'a pas été surprise d'entendre le ministre de l'Environnement de la Colombie-Britannique, Terry Lake, annoncer lundi qu'elle serait soumise aux mêmes conditions pour son projet de pipeline Trans Mountain que Enbridge pour son projet Northern Gateway.

Les deux entreprises de transport de pétrole devront se soumettre aux conditions imposées par Victoria si elles veulent obtenir les approbations provinciales pour leurs projets.

Le ministre de l'Environnement de la Colombie-Britannique a déclaré que, tout comme Enbridge, Kinder Morgan devra démontrer qu'elle mettra en place un système de pointe à l'échelle mondiale pour l'intervention, la prévention et la reprise des activités en cas de déversement.

Il a également ajouté que Victoria devra obtenir sa juste part des revenus du pipeline Trans Mountain.

Andrew Galarnyk affirme que Kinder Morgan entend suivre le processus qui sera établi par le gouvernement de la Colombie-Britannique.

Il note toutefois que le partage des revenus devra faire l'objet d'une discussion entre la Colombie-Britannique et l'Alberta.

Le raisonnement de la C.-B. est contesté par l'Alberta

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, demande une plus grande part des revenus des projets Northern Gateway et Trans Mountain suivant le principe que son territoire est exposé à plus de risques environnementaux par la construction de ces oléoducs que l'Alberta.

La première ministre albertaine, Alison Redford, a rebuffé la proposition britanno-colombienne pour une redistribution des revenus en soulignant que l'exportation des ressources était un moteur de l'économie canadienne.

Les cinq conditions imposées par la Colombie-Britannique à la compagnie Enbridge afin d'approuver son projet de pipeline Northern Gateway sont les suivantes :
  • Le projet doit être approuvé par le processus d'évaluation environnementale;
  • Le projet doit comprendre la mise en place d'un système de pointe à l'échelle mondiale pour l'intervention, la prévention et la reprise des activités en cas de déversement près des côtes ou dans les eaux au large de la province;
  • Le projet doit comprendre la mise en place d'un système de pointe à l'échelle mondiale pour l'intervention, la prévention et la reprise des activités en cas de déversement en sol britanno-colombien;
  • Le projet doit satisfaire à la loi en ce qui a trait aux Premières Nations, à leurs droits territoriaux, à leur participation et à leur consultation lors de tels projets;
  • L'économie et les finances de la Colombie-Britannique devront bénéficier du projet proposé à la hauteur des risques auxquels la province, son environnement et ses contribuables s'exposent.

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