Une maison ensevelie à Johnson's Landing
Photo : Bob Keating/CBC
Les équipes de secours gardent l'oeil sur la météo alors que les conditions climatiques ralentissent les recherches en vue de retrouver quatre personnes qui auraient été ensevelies dans un important glissement de terrain dans le sud-est de la Colombie-Britannique.
Le porte-parole du district central de la région des Kootenay, Bill MacPherson, a indiqué que la coulée de boue, d'arbres et d'autres débris avait été estimée assez stable dimanche pour que les équipes d'urgence retournent au petit hameau de Johnson's Landing.
Il a toutefois indiqué qu'avec la diffusion d'un avertissement d'orage et une chute de pluie, les conditions météorologiques étaient instables et qu'il y avait une chance que les recherches soient suspendues si les lieux laissaient paraître des signes d'instabilité.
Il a par ailleurs précisé que des géotechniciens étaient sur place pour surveiller les mouvements de la coulée et prendre des décisions quant à la sécurité de l'opération, tandis que les équipes d'urgence se déplacent parmi les débris.
« Ils effectuent une recherche sous forme de grille et se concentrent sur les endroits où il est fortement probable qu'ils découvrent les gens portés disparus, en utilisant des GPS, des cartes et les meilleures informations données par les résidents », a-t-il expliqué.
Quelque 70 personnes des équipes d'urgence, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et d'autres organisations participent aux recherches. Des chiens policiers devaient également revenir sur le site dimanche.
Sur le terrain depuis jeudi
Au moins trois résidences ont été englouties par le glissement survenu jeudi dans cette localité reculée située sur les rives du lac Kootenay.
Lynn Midgal, qui vit maintenant en Floride, a identifié les disparus comme étant ses deux filles, Rachel et Diana Webber, ainsi que son ex-mari, Valentine Webber. Une touriste allemande manque également à l'appel.
Les recherches, qui ont été retardées vendredi pour des raisons de sécurité, ont repris samedi jusqu'à la tombée de la nuit.
Des risques aux alentours
Le caporal Dan Moskaluk, de la Gendarmerie royale du Canada, a confié que huit citoyens de la localité comptant 35 résidents ont refusé de quitter leur demeure pour se rendre à Kaslo, malgré un avis d'évacuation.
« Les autorités et les experts avisent les citoyens au meilleur de leurs connaissances et de leur expertise qu'il existe des risques à demeurer dans la région, mais il y a des limites à ce que nous pouvons faire pour les forcer à partir », a-t-il fait remarquer.
Des signes prémonitoires
Vendredi vers minuit, le ministre des Forêts, des Terres et de l'Exploitation des ressources naturelles, Steve Thomson, a publié un communiqué indiquant qu'un employé du ministère avait reçu un courriel à propos de signes de problèmes à venir dans le petit hameau avant que le glissement de terrain ne se produise.
Le porte-parole ministériel Dave Crebo a indiqué qu'une résidente s'était inquiétée après avoir constaté la présence de débris dans la crique et avait envoyé un courriel à ses voisins jeudi à 4 h 56 et que l'un d'entre eux avait transféré le message à un hydrologue du ministère à 8 h 47.
M. Crebo a cependant précisé que l'employé travaillait sur le terrain et n'avait pas ouvert le message avant 11 h 30 environ, soit approximativement 30 minutes après que le glissement de terrain s'est produit.
Dans le courriel, la résidente de Johnson's Landing dit avoir constaté des « afflux d'eau couleur chocolat qui s'écoulaient dans Gar Creek », amenant du même coup des troncs d'arbres et des débris, causant finalement un embâcle.
« Dès que les troncs ont formé un barrage, de la rocaille s'est accumulée derrière celui-ci, a-t-elle dit. Le lit de la crique a grimpé d'au moins 1,8 m dans la zone ».
Le chef de direction de la région de Kootenay-Frontière, Jeremy Zandbergen, indique qu'il est malheureux que les résidents aient tenté de résoudre leurs problèmes par eux-mêmes au lieu de contacter immédiatement les autorités.
M. Crebo a indiqué que des responsables de la sécurité avaient été avertis trois minutes après l'annonce du glissement de terrain au ministère des Forêts, suivis par d'autres agences.
Un hélicoptère de la Gendarmerie royale du Canada était en route vers la zone 19 minutes après que le ministère a appris qu'une catastrophe avait eu lieu, et un autre a été dépêché dans l'heure, a-t-il dit.
Le glissement de terrain bloque la seule route donnant accès au hameau, rendant la zone accessible uniquement par hélicoptère.
La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a offert ses condoléances aux familles des victimes.