Les audiences publiques de la commission d'évaluation environnementale du projet de pipeline Northern Gateway de la pétrolière Enbridge, en Colombie-Britannique.
Photo : Denis Grenier
Le projet Northern Gateway de la compagnie Enbridge continue de rencontrer une vive opposition en Colombie-Britannique.
De nombreuses Premières Nations ne veulent pas voir la construction d'un oléoduc de 1 172 kilomètres le long de leurs territoires traditionnels en raison du risque que celui-ci poserait à l'environnement.
Le pipeline ferait couler 525 000 barils de pétrole par jour entre l'Alberta et Kitimat, un port à l'ouest de la Colombie-Britannique, qui seraient ensuite transportés par bateau vers les marchés d'Asie, principalement en Chine.
Il est vu par plusieurs comme une alternative au projet Keystone XL, rejeté mercredi par les États-Unis, qui devait transporter du pétrole jusqu'au Golfe du Mexique.
Audiences publiques
De nombreux autochtones ont d'ailleurs exprimé leurs mécontentements lors d'audiences publiques tenues au cours des deux dernières semaines dans le nord de la Colombie-Britannique.
La pétrolière Enbridge affirme que son projet de 5 milliards de dollars est soutenu par 20 Premières Nations en Alberta et en Colombie-Britannique.
Une d'entre elles, Gitxsan, a signé une entente avec Enbridge début décembre. Le négociateur de la Gitxsan Treaty Society, Elmer Derrick, affirmait alors que l'accord assurerait d'importantes retombées économiques.
Mais 36 chefs héréditaires de la Première Nation Gitxsan ont retiré leur soutien mardi au projet Enbridge et veulent des assurances que la bande n'appuiera pas le projet.
Risques
Cette opposition intervient alors que le président américain, Barack Obama, a confirmé mercredi que son administration ne donnerait pas le feu vert au projet de pipeline de la pétrolière TransCanada, qui devait acheminer du pétrole des sables bitumineux jusqu'au Golfe du Mexique.
« Ça peut du côté des compagnies chinoises laisser entendre que le marché canadien n'est peut-être pas aussi facile que cela laisse entendre », explique Frédéric Boily, politologue à l'Université de l'Alberta.
D'autres audiences de la commission d'évaluation environnementale du projet Northern Gateway auront lieu au cours des 18 prochains mois. Elles permettront à plus de 4 300 personnes et groupes à se prononcer sur le sujet de l'oléoduc d'Enbridge.