La caporale Catherine Galliford en entrevue avec la CBC lundi
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Une policière de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), la caporale Catherine Galliford, a déclaré au réseau anglais de Radio-Canada que l'enquête sur les femmes disparues du quartier Downtown Eastside n'était pas prise au sérieux par certains de ses collègues.
La caporale Galliford a récemment dénoncé le harcèlement sexuel de la part de policiers d'expérience dont elle aurait été victime au sein de la GRC.
Catherine Galliford était la porte-parole de la GRC pendant l'enquête sur la disparition de nombreuses femmes du quartier Downtown Eastside de Vancouver. Elle s'est jointe à l'enquête en 2001.
Elle doit bientôt témoigner devant la Commission d'enquête sur ce dossier mené par Wally Oppal.
Catherine Galliford soutient qu'il y a eu de nombreux problèmes avec la façon dont l'enquête a été menée. Elle soutient entre autres que plusieurs enquêteurs étaient plus intéressés à prendre un verre et par l'argent qu'ils pouvaient gagner grâce aux heures supplémentaires qu'à l'arrestation du tueur en série.
Elle explique que certains policiers chargés de l'enquête avaient l'habitude de s'absenter entre midi et 14 h pour une pause repas prolongée dans le but de se divertir en prenant un verre.
Catherine Galliford ajoute que ces mêmes policiers revenaient alors au travail le vendredi et inscrivaient des heures supplémentaires à leur fiche de présence.
Catherine Galliford affirme que cette indifférence est en partie à blâmer pour le temps qui s'est écoulé avant l'arrestation de Robert Pickton, pendant lequel un nombre important de femmes sont mortes.
Disputes internes
Robert Pickton a été arrêté en 2002 après qu'un policier débutant qui ne travaillait pas sur l'enquête entourant la disparition de femmes du Downtown Eastside eut obtenu un mandat de perquisition pour la ferme de ce dernier en lien avec la possession illégale d'armes à feu.
Au final, le tueur en série a été emprisonné après avoir été trouvé coupable de six meurtres. Robert Pickton a affirmé avoir tué 49 femmes lors d'un interrogatoire policier.
La caporale Galliford affirme qu'après s'être jointe à l'équipe d'enquête sur les femmes disparues, elle a appris que beaucoup d'informations obtenues par ses collègues laissaient entendre que Robert Pickton était à l'origine des meurtres.
Elle dit qu'elle ne comprenait pas pourquoi les membres de l'équipe spéciale d'enquête ne tentaient pas d'obtenir un mandat de perquisition pour sa ferme.
C'est d'ailleurs sur la ferme de Robert Pickton que les restes d'un grand nombre des femmes disparues ont finalement été retrouvés.
La cible de ses collègues
La policière affirme qu'elle est devenue la cible de ses collègues. Elle soutient qu'un policier de Vancouver qui faisait partie de l'équipe lui a dit devant d'autres collègues qu'il écrivait une histoire au sujet de Robert Pickton dans sa tête.
Il aurait poursuivi en expliquant que son histoire imaginée se terminait quand le meurtrier s'échappait de prison, la dénudait, la pendait sur un crochet à viande, avant de l'éviscérer comme un cochon.
Catherine Galliford soutient que les policiers présents ont alors éclaté de rire avant de se faire des tops là.
La policière Galliford est actuellement en arrêt de travail pour maladie. Elle affirme souffrir de trouble de stress post-traumatique et de problèmes de santé mentale dus au harcèlement qu'elle a subits aux mains de ses collègues au sein de la GRC.
Catherine Galliford doit témoigner à la Commission Oppal en 2012. Elle dit qu'elle révélera alors d'autres faits au sujet du travail de l'équipe d'enquête sur les femmes disparues.