Le directeur général de l'Association de la presse francophone (APF), Francis Potié, a affirmé en entrevue à Radio-Canada mardi, que L'Express du Pacifique faisait bande à part depuis plusieurs années et que sa direction n'a pas accepté son aide pour tenter de maintenir en vie le seul journal francophone en Colombie-Britannique.
Francis Potié s'est dit attristé par la disparition du journal qui avait, selon lui, un style bien différent des autres journaux communautaires francophones ailleurs au pays.
L'Express du Pacifique avait une ligne éditoriale et un contenu éloigné de sa communauté et de son lectorat cible, selon Francis Potié. « Les autres journaux francophones au pays parlent beaucoup des activités de leur communauté », a-t-il expliqué. « Ceux qui ont connu des difficultés ont été soutenus par la communauté qui a tenté de trouver des solutions pour assurer leur survie ».
Le directeur de l'AFP affirme que le président du conseil d'administration de l'Express du Pacifique, Thierry Barbier, n'assistait pas aux assemblées annuelles de l'Association de la presse francophone et communiquait rarement avec son organisme.
« On connaît des défis à cause de la publicité du gouvernement fédéral à la baisse dans nos pages, mais nos journaux survivent, sauf L'Express du Pacifique », a affirmé Francis Potié.
Le président de l'Express du Pacifique parle d'un chiffre d'affaires « catastrophique »
Thierry Barbier, président de L'Express du Pacifique
Thierry Barbier avait dit lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada en octobre que L'Express du Pacifique n'était, en effet, plus un journal communautaire depuis 10 ans parce qu'un journal communautaire ne pouvait pas survivre, selon lui.
Il a admis, lundi, que même l'indépendance financière de L'Express du Pacifique n'a pas su le protéger contre la baisse de ses revenus. « On a eu les résultats du chiffre d'affaires du dernier numéro qui sont catastrophiques et on a eu la confirmation que l'avenir ne s'annonce pas très rose dans la publicité; vu l'argent qu'on perd à chaque numéro il vaut arrêter la parution et donner la chance au journal de renaître sous un nouveau modèle. »
Les organismes francophones tendent la main à L'Express
Le directeur du centre culturel francophone de Vancouver, Pierre Rivard, a appris la nouvelle lundi. « La première chose que le conseil d'administration devrait faire c'est d'entrer en contact avec nous pour voir si en mettant tous les efforts on peut trouver une solution ».
Pour sa part, la directrice générale de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique, Christine Sotteau, croit que l'intention de l'Express du Pacifique de vouloir être indépendant était honorable.
Elle se souvient toutefois d'un article sur l'itinérance à Vancouver paru dans l'Express du Pacifique dans lequel on ne mentionnait pas le nombre de francophones sans abris. Difficile à avaler, dit-elle. « On peut écrire de très bons articles, mais il faut que ces articles-là soient enracinés dans une réalité qui est spécifique à ce que nous sommes nous francophones. »
La Colombie-Britannique est maintenant la seule province au pays à ne pas avoir de journal francophone.