La police fait son mea culpa

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Robert Pickton. (archives) Robert Pickton (archives)

La police de Vancouver a rendu public vendredi après-midi un rapport interne très critique au sujet de l'arrestation tardive de Robert Pickton dans le cadre de l'enquête sur les femmes disparues dans le quartier Downtown Eastside.

La police de Vancouver rend public un rapport interne très critique au sujet de l'arrestation tardive du tueur en série dans le cadre de l'enquête sur les femmes disparues dans le quartier Downtown Eastside.

Le document de 450 pages existait depuis des années, mais il avait été tenu secret pendant toute la durée des procédures judiciaires. Il devait être rendu public en septembre, mais des fuites avaient été relayées au cours des derniers jours par le Vancouver Sun.

Le rapport blâme les policiers de Vancouver et ceux de la Gendarmerie royale du Canada pour ne pas avoir appréhendé Robert Pickton plus tôt, alors que des femmes disparaissaient du quartier Downtown Eastside.

Selon le chef adjoint de la police de Vancouver, Doug Lepard, le rapport contient tous les faux pas et les erreurs commises par les enquêteurs dans cette affaire, qui aurait coûté la vie à une cinquantaine de femmes.

Le rapport montre également qu'il y a eu un manque de communication entre les divers services de police de la Colombie-Britannique.

Rappelons que Doug Lepard avait offert ses excuses en juillet dernier aux familles des victimes de Robert Pickton. Son service a été âprement critiqué par les familles des victimes et certains groupes de pression, car des femmes ont continué à disparaître malgré un nombre croissant de témoignages à la police.

Une enquête publique réclamée

Les familles des victimes de Robert Pickton s'interrogent sur le traitement de cette affaire par la police et demandent la tenue d'une enquête publique sur les agissements des corps policiers.

Il a notamment été révélé que la police avait déjà arrêté Robert Pickton pour tentative de meurtre en 1997. Lors de l'enquête préliminaire, une prostituée, dont le nom n'a pas été dévoilé, a raconté comment, en mars 1997, elle s'était enfuie de la ferme de Robert Pickton après avoir été menottée et poignardée.

L'agression de la prostituée en 1997 est survenue avant le meurtre des six femmes dont Robert Pickton a été reconnu coupable et avant le meurtre de 15 des 20 autres femmes.

Cela fait dire aux familles des victimes que si on avait réussi à condamner Robert Pickton en 1997, il n'aurait pas fait autant de victimes.

Le tueur en série a été condamné à une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans pour le meurtre de six femmes, tuées entre 1997 et 2002.

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