Des policiers et des militaires, portant des masques sanitaires, montent à bord du MV Sun Sea, le 13 août 2010.
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PC/Jonathan Hayward
En Colombie-Britannique, des agents de la GRC et des services frontaliers ont commencé à vérifier l'identité des 490 ressortissants Tamouls du Sri Lanka, arrivés vendredi à bord d'un navire cargo.
Des agents de la GRC et des services frontaliers ont commencé à vérifier l'identité des 490 ressortissants Tamouls du Sri Lanka, arrivés vendredi à bord d'un navire cargo, le MV Sun Sea arraisonné au large de l'île de Vancouver.
Le MV Sun Sea a été intercepté et arraisonné au large de l'île de Vancouver, par la marine canadienne.
Des femmes et des enfants se trouvaient à bord. Des passagers malades ont été transportés dans des hôpitaux de la région.
Après avoir voyagé pendant près de quatre mois dans des conditions difficiles, les Tamouls espèrent tous obtenir le statut de réfugié. Ils seront conduits dans des centres de détention pour y être interrogés, un processus qui devrait prendre plusieurs mois.
Les passagers feront l'objet d'une enquête pour déterminer s'il y a parmi eux des « passeurs de migrants clandestins ou des terroristes », a indiqué le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, lors d'un point de presse à la base navale d'Esquimalt, près de Victoria dans l'île de Vancouver, où a accosté le navire.
Le gouvernement conservateur a soutenu jeudi que certains des passagers étaient des membres des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), un groupe sécessionniste considéré par Ottawa comme une organisation terroriste. Il a été défait militairement par l'armée sri-lankaise au printemps 2009, au terme d'une guerre civile qui a duré 27 ans.
L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) procédera à l'identification des passagers en accord avec les lois canadiennes, a déclaré M. Toews.
Le Canada est « très accueillant » à l'endroit des réfugiés, mais le gouvernement « doit s'assurer que le système de réfugiés n'est pas détourné par les criminels ou les terroristes », a-t-il ajouté.
Selon lui, le MV Sun Sea fait partie d'une vaste opération clandestine, et il est important que le Canada gère la situation de manière claire et déterminante.
Il a ajouté que le Canada avait besoin de revoir ses lois afin qu'elles soient suffisamment coercitives pour décourager les passeurs clandestins de se diriger vers le pays.
Conscient que l'immigration de masse d'origine maritime semble prendre de l'ampleur, il soutient que la réponse à ce problème doit être apportée de concert avec la communauté internationale et non seulement sur la scène nationale.
L'opposition demande un traitement équitable
Gilles Duceppe en entrevue à RDI
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, déplore que le ministre Toews ait affirmé qu'il y avait des terroristes à bord avant même que cela ait été vérifié.
« Ça ne sert pas les institutions internationales, ça ne sert pas la justice, ça donne une mauvaise image du Canada, dont nous faisons toujours partie, a-t-il déploré sur les ondes de RDI. Il faut être rigoureux et appliquer les lois internationales. »
Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a de son côté soutenu que les réfugiés devaient être traités au cas par cas. Le Canada ne doit pas réagir faiblement contre le terrorisme, mais les demandeurs d'asile méritent d'avoir une audience équitable, a-t-il argué.
Ottawa ne doit pas se fier uniquement au gouvernement sri-lankais pour obtenir des informations sur les passagers, a-t-il ajouté, puisque les Tamouls ont été longtemps persécutés dans ce pays.
Le Nouveau Parti démocratique a émis le même son de cloche. Le gouvernement doit punir les individus impliqués dans le passage de clandestins, mais se montrer clément à l'endroit de leurs victimes, si elles sont de vrais réfugiés, a déclaré Olivia Chow, porte-parole de son parti en matière d'immigration.
« Sinon, nous devrons les retourner dans leur pays d'origine, a-t-elle affirmé. La clé est d'examiner chaque cas et de ne pas sauter aux conclusions avant d'avoir tous les faits. »
Le haut-commissaire du Sri Lanka au Canada, Chitranganee Wagiswara, a déploré qu'Ottawa n'ait pas renvoyé le bateau. Il a en outre affirmé que les sommes payées par les passagers - certains auraient payé jusqu'à 50 000 $ - iraient aux Tigres tamouls.
Le ministre Toews a argué que d'éventuelles poursuites étaient mieux assurées lorsque l'interception survenait dans les eaux canadiennes qu'en territoire maritime international.
Le Congrès tamoul canadien a de son côté imploré les autorités canadiennes de traiter chaque demande équitablement en vertu des lois canadiennes et internationales. L'organisme fournira aux arrivants l'assistance dont ils ont besoin, a ajouté un porte-parole.
Un long périple
Des Tamouls (en haut à droite) observent des agents de la GRC montés à bord du MV Sun Sea.
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PC/Jonathan Hayward
Escorté par la Marine canadienne, le navire MV Sun Sea a accosté vendredi, en matinée, vers 9 h 15 HAE.
Au cours de sa conférence de presse, le ministre Toews n'a pas fourni de détails sur les conditions de voyage des passagers. Il a uniquement mentionné que plusieurs avaient éprouvé « certaines difficultés en ce qui concerne leurs conditions de vie ». Selon des responsables gouvernementaux, qui n'ont pas donné davantage de détails, les besoins médicaux des personnes à bord « ne sont pas très grands ».
Un hôpital de Vancouver et un autre de Victoria sont prêts à accueillir ceux et celles qui devraient être hospitalisés. La possibilité que certains aient la tuberculose est avancée.
Près de 500 personnes étaient entassées dans un vaisseau de 53 mètres au cours d'un périple qui a duré environ 90 jours.
Le MV Sun Sea a été arraisonné par une frégate des Forces canadiennes, jeudi, après être entré dans les eaux territoriales canadiennes. L'opération a donné lieu à une certaine confusion au sein de l'appareil fédéral.