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Photo: La Presse Canadienne /Felicity Don Croquis de Robert Pickton en cour |
La Cour suprême de la Colombie-Britannique a rendu publics lundi les enregistrements audio et vidéo de l'interrogatoire du tueur en série Robert Pickton par des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Ces enregistrements durent 11 heures.
L'interrogatoire, mené par trois policiers qui se sont relayés, remonte au 23 février 2002, le lendemain de l'arrestation de Robert Pickton. Les enregistrements étaient frappés d'un interdit de publication jusqu'à la semaine dernière, lorsque la Cour suprême de la Colombie-Britannique a décidé de ne pas donner suite aux 20 chefs d'accusation de meurtre avec préméditation qui pesaient toujours contre l'ancien éleveur de porcs de Port Coquitlam.
Pendant les premières heures, Robert Pickton parle de son enfance et de sa famille. Les policiers lui disent qu'il fait la une de tous les journaux et essaient de lui faire avouer ses crimes.
Un peu plus tard, le tueur en série tente de négocier avec les policiers de la GRC. Ce n'est qu'après plusieurs heures que Robert Pickton finit par avouer ses crimes.
Je vais prendre le blâme pour tout, mais le problème, c'est que je suis le chef dans cette affaire et maintenant je suis entre vos mains.
— Robert Pickton
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Robert Pickton s'entretient avec son codétenu, qui est en fait un agent double. |
Rappelons que vendredi dernier, des extraits d'un enregistrement ont également été rendus publics. Il s'agit de l'enregistrement dans la cellule de Robert Pickton, tout de suite après son arrestation.
Le tueur en série déclare notamment à un codétenu, qui est en fait un agent double, qu'il a été négligent. Il affirme qu'il a tué 49 femmes et indique qu'il compte faire plus de victimes.
Robert Pickton a été condamné à une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans pour le meurtre de six femmes, tuées entre 1997 et 2002.
Une enquête publique réclamée
Par ailleurs, de nouvelles révélations liées à l'enquête, rendues publiques plus tôt cette semaine, choquent les familles des victimes du tueur en série. Elles s'interrogent sur le traitement de cette affaire par la police et demandent à nouveau la tenue d'une enquête publique sur les agissements des corps policiers.
Il a notamment été révélé que la police avait déjà arrêté Robert Pickton pour tentative de meurtre en 1997. Lors de l'enquête préliminaire, une prostituée, dont le nom n'a pas été dévoilé, a raconté comment, en mars 1997, elle s'était enfuie de la ferme de Robert Pickton après avoir été menottée et poignardée.
À l'époque, les accusations de tentative de meurtre avaient cependant été abandonnées. Le juge considérait que le témoignage de la prostituée toxicomane manquait de crédibilité. Son témoignage n'avait donc pas été entendu par les jurés lors du procès de Robert Pickton, en 2007.
Rappelons que l'agression de la prostituée en 1997 est survenue avant le meurtre des six femmes dont Robert Pickton a été reconnu coupable et avant le meurtre de 15 des 20 autres femmes.
Ernie Crey, le frère d'une des femmes disparues, soutient que si on avait réussi à condamner Robert Pickton en 1997, il n'aurait pas fait autant de victimes. M. Crey se dit plus résolu que jamais à demander une enquête publique sur les ratés du système judiciaire dans l'affaire Pickton.
Robert Pickton a été reconnu coupable du meurtre de six femmes.