
 | Une scène de la vidéo des événements qui ont mené à la mort de Robert Dziekanski.
| Le dossier de la mort de Robert Dziekanski à l'aéroport de Vancouver, le 14 octobre dernier, continue de faire beaucoup de bruit.
Mardi, le ministre de la Sécurité publique du Canada, Stockwell Day, a présenté des excuses pour la mort du ressortissant polonais, décédé après avoir reçu deux décharges de pistolet électrique Taser.
Questionné au sujet du silence relatif d'Ottawa sur la question lors d'un point de presse à Ottawa, le ministre a indiqué qu'il était désolé que l'événement ait eu lieu, de même que tous les Canadiens.
Lundi, le gouvernement de la Colombie-Britannique, en annonçant la tenue d'une enquête publique sur cet événement, avait été le premier à offrir ses excuses pour la mort de M. Dziekanski.
M. Day a aussi indiqué qu'il attendait d'ici la fin de la semaine un rapport de l'Agence des services frontaliers du Canada sur le fil des événements ayant conduit au décès de M. Dziekanski.
 | Stockwell Day
| Le ministre a également déclaré que des accusations pourraient être portées contre les agents de la GRC qui ont utilisé le pistolet Taser contre l'individu. M. Day a rappelé qu'une série d'enquêtes étaient en cours et que leurs rapports pourraient mener à des poursuites pénales.
Stockwell Day a aussi demandé à la Commission des plaintes du public contre la GRC, qui mène une des enquêtes sur les circonstances de la mort de M. Dziekanski, de se pencher sur l'utilisation des pistolets Taser par les agents de la GRC.
Le président de la Commission, Paul Kennedy, devra réviser tous les protocoles de la police nationale sur l'utilisation des pistolets électriques Taser et déterminer si les agents de la GRC les respectent. Un premier rapport est attendu d'ici le 12 décembre.
Les événements dans cette affaire se sont bousculés depuis que la vidéo des derniers instants de M. Dziekanski a été rendue publique, la semaine dernière. Les images ont fait le tour du monde et ont entraîné un concert de réprobations sur le travail des agents de la GRC et nombre de questions sur l'utilisation des pistolets électriques.
Depuis, les quatre agents de la GRC impliqués dans l'incident ont été assignés à de nouvelles fonctions.
Le fabricant du Taser se défend
Alors que l'utilisation des pistolets électriques est de plus en plus remise en question, le fabricant américain du Taser a défendu son produit, mardi. Le fondateur de l'entreprise, Tom Smith, a nié que le Taser ait pu causer la mort de M. Dziekanski.
 | Pistolet Taser (archives)
| Dans un communiqué, l'entreprise soutient que des morts similaires à celle de M. Dziekanski avaient été imputées « par la médecine et les analyses médico-légales [à] d'autres facteurs et non aux décharges électriques de basse intensité du Taser ».
M. Smith ajoute que la vidéo des derniers instants de M. Dziekanski montre qu'il continue à se battre après avoir reçu les décharges, ce qui « prouve que le Taser n'est pas la cause de la mort ».
L'entreprise précise que le pistolet envoie un « voltage maximum d'environ 5000 volts à travers le corps d'un individu, avec seulement 1,3 volt en moyenne ». Mais de son côté, la GRC dit utiliser des pistolets qui envoient des décharges de 50 000 volts à 26 watts pendant un maximum de 5 secondes.
Nouvel incident en Colombie-Britannique
Pendant ce temps, un nouveau cas d'utilisation du Taser a été rapporté, mardi, en Colombie-Britannique. Un individu de 29 ans repose dans un état critique à l'hôpital après avoir reçu une décharge de pistolet électrique.
L'incident est survenu dans un commerce de la ville de Chilliwack, à 100 km de Vancouver, à la suite d'une confrontation violente entre l'individu et les policiers de la GRC.
Selon des témoins, l'individu agissait bizarrement. Les agents de la GRC ont d'abord tenté de le maîtriser avec du gaz poivré pour ensuite utiliser un pistolet Taser.
|