Certaines écoles au Nouveau-Brunswick prennent un virage technologique

Certaines écoles au Nouveau-Brunswick prennent un virage technologique

Les nouvelles technologies transforment les modes d'apprentissage des élèves, particulièrement dans le Centre d'apprentissage du Haut-Madawaska, à Clair, au Nouveau-Brunswick.

Les élèves de cette école ont par exemple leur propre studio de télévision, la station CAHM-TV. Le directeur de l'école, Roberto Gauvin, croit que les élèves apprennent à travailler en équipe et à surmonter des obstacles.

« Ça ne fait pas nécessairement partie du programme d'études de la province comme tel, sauf que ce qui est appris là, présentement, est tout aussi important pour les années à venir pour ces enfants-là », souligne M. Gauvin.

Des élèves sont initiés à la robotique dès la cinquième année. Il y a des ordinateurs portables en classe et des tablettes électroniques à la bibliothèque. Cette école est un modèle de l'intégration de ces technologies, en grande partie grâce à son directeur.

« Je crois que les directions d'école, les enseignants, ne réalisent pas l'impact qu'ils ont dans leur école, dans leur classe. Ils ne réalisent pas le pouvoir qu'ils ont. Des fois, on remet ce pouvoir-là dans les mains de quelqu'un d'autre, d'un fonctionnaire ou d'autres personnes qui vont peut-être prendre les décisions à notre place », affirme Roberto Gauvin.

Sylvie Blain, professeure à l'Université de Moncton, a connu le Centre d'apprentissage du Haut-Madawaska en 2004 lors de sa recherche sur l'utilisation d'ordinateurs portables en classe. Selon elle, M. Gauvin a eu raison de prendre ce virage.

« Je l'admire beaucoup. C'est sûr que ce n'est pas évident, mais il y croit parce que la société dans laquelle on vit aujourd'hui, on est branché, nous sommes tous branchés. Puis, si l'école ne prépare pas les jeunes à cette société-là, on manque le bateau », explique Sylvie Blain.

Il y a toutefois des embûches. Par exemple, les élèves n'ont pas accès aux médias sociaux. « Ce n'est pas normal que ce soit plus facile de se brancher sur l'Internet dans un [restaurant] Tim Horton que dans une école. Si on veut que ces technologies-là soient utilisées pour apprendre, il faut les rendre disponibles », recommande M. Gauvin.

Une inspiration pour d'autres écoles

Bertrand Beaulieu, directeur général du District scolaire francophone du nord-ouest, veut suivre le chemin tracé par Roberto Gauvin. D'autres écoles ont commencé à convertir leur bibliothèque comme l'a fait celle de Clair.

« Je suis épaté de voir l'évolution du dossier, mais en même temps je suis désolé de voir que nous ne sommes pas à la page avec nos jeunes. Nos jeunes peuvent nous amener beaucoup plus loin si on leur donne la chance », indique Bertrand Beaulieu.

« On est une école dans un milieu socioculturel défavorisé par rapport à d'autres régions du Nouveau-Brunswick. Puis, nos élèves à la fin de la huitième année réussissent aussi bien, sinon mieux, que la plupart des élèves du district ou de la province », ajoute M. Gauvin.

C'est ce qui pousse Roberto Gauvin à multiplier les démarches pour doter son école de nouvelles technologies, même s'il lui arrive de froisser ses supérieurs en cours de route.