La face cachée de l'allaitement

Allaitement

L'allaitement est une source de bonheur pour bien des mères, mais il est une source de pression, d'angoisse et de la culpabilité pour d'autres.

C'est un souvenir amer pour la Néo-Brunswickoise Stéphanie Boudreau, qui n'a pu allaiter ses enfants. Son corps ne lui a pas donné la montée de lait qu'elle attendait. Elle nourrit donc son bébé avec une formule lactée. En public, elle a l'impression que ce biberon alimente sa culpabilité, sa honte de ne pas donner le sein à ses enfants.

« J'avais une grande gêne. Comme si les gens me regardaient et disaient : Regarde ça, elle a un petit bébé de quelques semaines et elle donne la bouteille! », explique Mme Boudreau.

« La société aussi te voit comme si tu es lâche parce que tu n'allaites pas. » — Chantale Melanson, mère

Chantale Melanson a choisi de donner son lait avec le biberon, après cinq semaines d'allaitement accompagné d'intenses douleurs aux seins et d'angoisse. « Ça a été l'enfer vraiment pour cinq semaines », explique-t-elle.

Une pression sociale?

Les services de santé recommandent de façon unanime l'allaitement pour nourrir le bébé. Le rappel constant des bienfaits du lait maternel ajoute au stress de celles qui choisissent une voie différente, selon Chantale Melanson.

« Ils mettent beaucoup de pression sur l'allaitement », affirme Mme Melanson.

Selon Isabelle Melançon, conseillère en programme au ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick, l'hôpital a le devoir d'inciter les mères à offrir le lait maternel à leur enfant, car il est reconnu comme étant plus nutritif que les formules pour nourrissons. Cette campagne de sensibilisation ne cherche pas à exercer une pression sur les mères, souligne-t-elle.

« Si ça crée de la culpabilité chez les parents, c'est vraiment malheureux parce que ce n'est pas ça l'objectif. L'objectif est de donner l'information, et un coup que le parent a pris sa décision, le professionnel va [appuyer] la décision du parent. » — Isabelle Melançon, ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick

Chantale Melanson n'a pas eu cette impression. Au moment d'arrêter l'allaitement, elle a ressenti le besoin de se justifier auprès de ses proches et des professionnels de la santé. « Je me suis sentie jugée. Je me suis sentie comme s'il fallait que j'explique pourquoi il fallait que je donne le biberon et pourquoi j'ai arrêté », dit-elle.

Stéphanie Boudreau regrette quant à elle de ne pas avoir été mieux préparée à affronter ces défis. Elle explique que dans son cercle d'amies et lors de ses rendez-vous médicaux, on a rarement discuté des autres options pour nourrir le bébé. C'est pourtant en levant le voile sur ce tabou, croit Mme Boudreau, que les femmes pourront se sentir plus à l'aise dans leur rôle de mère.

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