La pêche au homard a commencé lundi matin dans le détroit de Northumberland après plusieurs jours de conflit, même si les pêcheurs ne sont pas entièrement satisfaits.
Les pêcheurs et les transformateurs se sont entendus sur un prix variant de 3 $ à 3,50 $ la livre de homard. Au cours des deux dernières semaines, des pêcheurs ont tenu d'importantes manifestations pour dénoncer l'offre précédente et l'importation de homards à bas prix du Maine. L'entente laisse toutefois plusieurs pêcheurs sur leur faim, dont Bobby Maillet.
Bobby Maillet ajoute qu'il espère de nouvelle de nouvelles négociations à l'automne, sinon il prévoit que la colère des pêcheurs va se poursuivre.
L'Union des pêcheurs des Maritimes reconnaît que l'entente ne satisfait pas entièrement ses membres. « C'est le moindre des pires scénarios. C'est comme ça que les pêcheurs l'ont décrit. C'est tout simplement un billet pour passer à la prochaine étape, une citation d'un pêcheur. Dans le fond, c'est tout simplement quelque chose qui va permettre de passer à travers une saison à oublier », explique Christian Brun, directeur général de l'UPM.
Un geste d'appui aux pêcheurs autochtones
Les pêcheurs blancs ont renoncé à une prime de 25 ¢ la livre de homard au nom des bonnes relations avec les pêcheurs autochtones.
L'Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) offrait cette prime en guise de compensation à ses membres, les 400 pêcheurs blancs de la zone 25, mais les 70 capitaines autochtones, non membres de cet organisme, ne l'auraient pas reçu. « On reste solidaire, c'est tout », souligne le pêcheur Maurice Martin.
L'UPM a presque détruit les relations entre les deux communautés, affirme Everett Sanipass, conseiller de la communauté d'Elipogtog.
Soulagement chez les transformateurs
Une réunion a eu lieu dimanche matin au quai de Richibucto lorsque les pêcheurs blancs ont décidé de renoncer à leur compensation de 25 ¢ la livre de homard.
Photo : Nicolas Steinbach/Radio-Canada
L'entente conclue entre les pêcheurs et les transformateurs est un soulagement pour Normand LeBlanc, de l'entreprise Captain Dan's, et les autres propriétaires d'usines de la région. Les transformateurs ont décidé d'offrir davantage aux pêcheurs afin d'éviter le pire. « Il faut qu'on donne de quoi de plus parce que sinon ça va nous coûter plus », affirme M. LeBlanc.
Normand LeBlanc regrette que les transformateurs aient été montrés du doigt dans ce conflit. « Le homard qui n'est pas venu à nos usines est allé au Québec, à l'Île. Le homard du Maine s'est encore infiltré dans les usines », dit-il.
Gilles Thériault, expert-conseil en pêches, croit que le conflit aurait pu coûter cher aux transformateurs, notamment parce qu'il risquait de compromettre leurs occasions d'affaires aux États-Unis.
Mais si les discussions ont été fructueuses cette fois-ci, le gros du travail reste à venir pour éviter de nouveaux conflits, selon l'expert-conseil.
« Je crois qu'il faut quand même mettre en place des mécanismes avant les saisons de pêche pour que les pêcheurs et les transformateurs s'assoient et fassent une analyse de la situation », estime M. Thériault.
Selon Gilles Thériault, l'offre des transformateurs sert de solution temporaire à une structure qui a besoin de renouveau.