Plusieurs conseils municipaux de la Péninsule acadienne abandonnent la prière

Caraquet

La prière est en voie de disparition dans les réunions municipales de la Péninsule acadienne.

Alors que la prière est à l'ordre du jour dans les grandes villes comme à St-Jean, à Fredericton et à Moncton, seulement deux municipalités de la Péninsule acadienne conservent cette tradition.

Le village de LeGoulet, tout comme Caraquet, vient d'abandonner la prière en début de réunion publique.

Jusqu'au 30 mai dernier, la prière figurait même à l'ordre du jour des réunions du village de LeGoulet.

Le nouveau maire, Wilfred Roussel, a rapidement mis fin à cette pratique.

À Caraquet, le nouveau maire Kevin Haché, a pris tout le monde par surprise en s'abstenant de réciter la prière, lundi soir. Un conseiller qui l'a remarqué a eu comme réponse qu'il pouvait se recueillir avant les réunions s'il le voulait.

« Je ne voulais pas mêler politique et religion dans la liberté de religion de chacun. La Péninsule veut inviter les gens à venir s'installer ici. » — Kevin Haché, maire de Caraquet

Des 14 municipalités de la Péninsule acadienne, il n'y a plus qu'à Sainte-Marie-Saint-Raphaël et à Bas-Caraquet, où l'on récite une prière dans les assemblées municipales.

Le ministère provincial des Gouvernements locaux vient d'ajouter sur son site internet un guide à l'intention des administrations locales dans lequel il signale que la prière en début de réunion municipale est facultative.

Selon le guide, le conseil doit retenir que l'administration locale doit être perçue comme apolitique et non confessionnelle, car elle représente la culture, les intérêts et le paysage politique de toute la collectivité.

Cette directive ne semble pas s'appliquer à l'Assemblée législative. Tous les matins où les élus provinciaux siègent, deux prières sont récitées dont le Notre Père.

Dieppe conserve la prière

La question de la prière a aussi fait l'objet d'une discussion à bâtons rompus entre les élus de la plus grande ville acadienne de la province, Dieppe, avant la dernière réunion publique. Dans cette ville, la prière figure même à l'ordre du jour.

« On a décidé de continuer la tradition », souligne Jean Gaudet, le doyen des élus de Dieppe. Il reconnaît que la Ville reçoit plusieurs nouveaux arrivants qui ont des croyances différentes de celle des catholiques, mais il ne croit pas que la prière cause un problème.

« La majorité demeure chrétienne et catholique. Pratiquant? Ça, c'est une autre question », ajoute M. Gaudet.

À Dieppe, les élus récitent la prière des alcooliques anonymes, celle qui demande notamment à Dieu la sérénité d'accepter les choses qu'on ne peut changer.