Steve Graham remet le rapport de la GRC aux membres de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada
La GRC n'était pas au courant des agressions dans les pensionnats autochtones du pays, conclut un rapport remis samedi à Halifax aux membres de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada.
En présentant le rapport rédigé par Marcel-Eugène LeBeuf, le sous-commissaire de la GRC, Steve Graham, a expliqué que le rôle des membres de la GRC se limitait à reconduire les élèves des pensionnats vers leurs établissements lorsqu'ils s'en échappaient, ils devaient même les arracher à leurs parents. Les policiers agissaient alors en vertu de la loi en vigueur à cette époque. Les pensionnats étaient obligatoires pour les autochtones.
M. Graham a précisé qu'il existait peu de plaintes consignées dans les archives, ce qui a rendu la tâche des policiers encore plus difficile.
Selon M. Graham, les policiers avaient enquêté sur des allégations d'abus, mais n'ont pu rien trouver parce que les écoles « étaient un système fermé ». Il soutient que la plupart des problèmes vécus dans ces écoles n'ont pas attiré l'attention des policiers.
« Les élèves dénonçaient rarement les abus qu'ils subissaient et les politiques des pensionnats empêchaient les personnes de l'extérieur de savoir ce qui se passait. La discipline était une affaire strictement interne et n'était pas associée à la police », peut-on lire dans un résumé du rapport.
« Les pensionnats indiens constituaient essentiellement un système clos auquel n'avaient accès que le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, les églises et les administrateurs des établissements. Les problèmes n'attiraient pas l'attention de la police et ne nécessitaient pas non plus son intervention, parce qu'ils étaient réglés principalement à l'interne ou parce qu'elle n'était tout simplement pas au courant », ajoute l'auteur du rapport.
Pourtant, les témoignages d'anciens élèves lors des travaux de la Commission de vérité et de réconciliation sont nombreux. Ils racontent des histoires d'horreur, d'agressions physiques et psychologiques durant leur séjour dans ces pensionnats.
Beaucoup d'entre eux se rappellent de la violence exercée contre eux pour qu'ils oublient leur culture et leur langue.
Un premier pas vers la réconciliation
Bien que le rapport de la GRC, qui couvre plus d'un siècle d'événements, révèle peu de choses, il est considéré comme un premier pas vers la réconciliation.
En 2004, le commissaire de la GRC s'était publiquement excusé auprès des collectivités autochtones du Canada. Il avait alors affirmé être désolé pour ceux qui ont souffert des tragédies vécues dans les pensionnats. On évalue à 150 000 le nombre d'élèves autochtones qui ont fréquenté ces pensionnats.
D'autres rencontres similaires à celle tenue à Halifax auront lieu dans le pays notamment en Colombie-Britannique, en Alberta et au Québec pour consolider le processus de la réconciliation.
Avec les informations de Sabrina Fabian