Abattage massif envisagé

Île de Sable Des phoques sur la berge de l'île de Sable

Le ministère des Pêches et des Océans du Canada envisage de réduire la population de phoques gris en Atlantique de deux façons.

Un rapport soumis à Pêches et Océans Canada propose deux moyens de réduire le troupeau de phoques gris au large de la Nouvelle-Écosse, dont l'abattage d'environ un demi-million de bêtes.

Le ministère estime que 300 000 phoques gris se trouvent dans cette région et qu'ils nuisent à la croissance du stock de poissons de fond.

Selon un rapport obtenu par le journal The Coast, des consultants proposent à Ottawa de concentrer ses efforts autour de l'île de Sable, au large de la Nouvelle-Écosse, où se reproduisent environ 80 % des phoques de cette zone.

Les spécialistes proposent d'administrer des vaccins contraceptifs à 15 000 femelles chaque année pendant cinq ans ou d'abattre environ 100 000 bêtes, puis 120 000 de plus par année pendant les quatre années suivantes. Quant aux milliers de carcasses qui résulteraient de ce programme, le rapport suggère de les incinérer.

Le rapport indique que les coûts de ces deux options sont semblables, de 20 millions de dollars à 35 millions de dollars.

Gus van Helvoort, un porte-parole de Pêches et Océans Canada, indique que ce ne sont là que des hypothèses et que la décision sur les mesures à prendre relève du ministère. Il ajoute que ces hypothèses sont compliquées par l'écosystème très fragile de l'île de Sable qui vient d'être désignée parc national.

Les deux scénarios nécessiteraient l'installation sur cette île de nombreux travailleurs, d'abris, de machines et de réserves de carburant. Jusqu'à présent, on ne permet que la visite d'environ 200 personnes par année sur cette île en raison de sa fragilité.

Le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, a annoncé la semaine dernière que le processus devant faire de l'île de Sable un parc national était enclenché et que des consultations publiques auraient lieu à ce sujet à compter du mois prochain.

Scénarios insensés, selon les environnementalistes

Les écologistes n'ont pas tardé à réagir au rapport. Toutes ces possibilités sont « ridicules », affirme Susanna Fuller, du Centre d'action écologique d'Halifax.

Île de Sable Chevaux sauvages sur l'île de Sable

Mme Fuller dénonce particulièrement l'abattage puisque cela amènerait sur l'île de nombreux travailleurs et de l'équipement.

Cela va semer la colère à travers le monde, prévoit Bridget Curran, une militante contre la chasse au phoque. Elle rappelle que les gens sont fascinés par l'île de Sable et son écosystème.

Mme Curran ajoute que le gouvernement fédéral doit se demander quel prix il est prêt à payer, en matière de perte de tourisme et de ventes de produits marins, pour éliminer les phoques sur l'île de Sable.

L'île se trouve à 300 kilomètres des côtes de la province. C'est une dune de 40 kilomètres renommée pour son troupeau de chevaux sauvages et ses espèces d'oiseaux rares.