Il y a peu de villages où l'on fête encore la Mi-Carême aussi vigoureusement qu'à Chéticamp, en Nouvelle-Écosse.
Masquée et déguisée, la population de Chéticamp, en Nouvelle-Écosse, vit au rythme de la Mi-Carême pendant une semaine.
À la nuit tombée, masqués et déguisés, plusieurs membres de la communauté courent la Mi-Carême dans le village, et ce, pendant une semaine. Le principe de l'activité est simple. Il faut découvrir qui se masque sous le déguisement.
Cette tradition catholique qui remonte à 200 ans accordait une journée de répit au milieu des 40 jours de privation du carême. À Chéticamp, au fil du temps, cette journée s'est prolongée à une semaine.
Le nouveau centre d'interprétation de la Mi-Carème de Chéticamp explique cette coutume. L'exposition met à l'honneur des masques confectionnés localement. Faits à base de papier mâché ou de tapis crocheté, ces oeuvres artisanales font la marque de la région.
« Encore aujourd'hui, j'entendais des gens. "Ah, bien moi je n'étais pas entré. Que c'est beau à l'intérieur". Alors, ça doit créer une fierté pour des gens pour dire: "regarde ça, c'est nous autres" », souligne Monique Aaucoin, du centre d'interprétation de la Mi-Carême.
Toute la communauté s'y met
Clifford Maillet et sa famille ouvrent les portes de leur demeure aux coureurs de la Mi-Carême depuis 20 ans. Directeur adjoint de l'école primaire, M. Maillet reçoit chez lui plusieurs enfants qui le mettent au défi de les distinguer sous leur déguisement.
« Toutes les saisons de la Mi-Carême, nous autres, on reçoit la Mi-Carême chez nous. On commence toujours le mercredi soir et on les accueille le mercredi, le jeudi, le vendredi », précise Clifford Maillet.
Marie-Louise Aucoin est connue dans le village pour son hospitalité. Depuis 41 ans, elle offre des repas à tous les passants costumés jusque tard dans la nuit. « C'est une vielle, vieille tradition de mon grand-père et de ma grand-mère, et je n'aimerais pas que ça s'abandonne », dit-elle.
Sophie Richard, 81 ans, est la doyenne de cette tradition. « J'aime beaucoup la Mi-Carême. J'ai le sang de la Mi-Carême » , souligne-t-elle.
Grands et petits participent avec entrain à ces réjouissances. Marie-Stella Doucet, directrice du centre Père-Fiset pour personnes âgées, a souhaité rapprocher la communauté et les résidents du centre. C'est là qu'elle a donné vie au traditionnel déjeuner aux crêpes, il y a 20 ans.
Le centre d'interprétation de la Mi-Carême.
« Au déjeuner des crêpes, il vient comme des aînés que ça fait des années qu'ils n'ont pas couru la Mi-Carême et ils s'habillent, ils viennent ici et c'est une rencontre sociale », explique Marie-Stella Doucet.
Mme Doucet se retirera bientôt après 28 ans de service au centre Père-Fiset. Elle compte perpétuer les traditions locales. Ces coutumes qui tissent et entretiennent les liens communautaires survivent grâce à l'engagement des citoyens.