Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick, campus de Dieppe (archives).
La loi établissant les nouveaux collèges communautaires français et anglais au Nouveau-Brunswick a été déposée à l'Assemblée législative mardi.
Le Nouveau-Brunswick instaure la dualité dans son réseau collégial communautaire en créant deux entités distinctes et autonomes, l'une française, l'autre anglaise.
Selon le ministre de l'Enseignement postsecondaire, de la Formation et du Travail, Donald Arseneault, chacune des deux sociétés collégiales sera dirigée par son propre conseil de gouverneurs, dont la moitié sera nommée par le ministre. L'autre moitié sera composée de représentants du personnel enseignant, du personnel non enseignant et des étudiants.
Les deux nouvelles sociétés auront chacune leur propre président-directeur général, choisi par son conseil d'administration.
Le siège social des établissements français sera à Bathurst. Il chapeautera les campus de Bathurst, de Campbellton, de Dieppe, d'Edmundston et de la Péninsule acadienne. Le siège social des campus anglais de Fredericton, de Miramichi, de Moncton, de Saint-Jean, de St. Andrews et de Woodstock, sera à Fredericton.
« Je pense qu'à mesure qu'on avance, on va être capable de voir beaucoup plus de partenariats et de coopération entre les différentes universités et les collèges », a souligné le ministre Donald Arseneault.
La plupart des dirigeants des quatre universités publiques du Nouveau-Brunswick et de ses 11 établissements collégiaux communautaires étaient présents lors de cette annonce. La modernisation du réseau des collèges communautaires faisait l'objet de pourparlers depuis quelques années.
Réactions positives
La transformation en profondeur des collèges communautaires, créés il y a 36 ans, en bien accueillie dans le milieu.
« La gestion du collège va passer d'un niveau ministériel à un niveau plus communautaire. C'est-à-dire que les gens de la communauté vont avoir une influence directe, étant les membres du conseil d'administration, sur la planification stratégique, les directions à prendre, la programmation », affirme Yves Chouinard, directeur général des collèges communautaires du Nouveau-Brunswick.
Les étudiants aussi se réjouissent. « Pour nous autres, c'est la prochaine étape vers l'avenir. Ça veut dire ça, donner l'opportunité, avoir plus d'accès à l'argent pour la recherche appliquée. Nous autres, comme étudiants, ça nous donne une voix [au conseil] des gouverneurs », indique Scott Tidd, président de l'association des étudiants du campus de Bathurst.
Environ 1500 places supplémentaires seront ajoutées sous peu dans l'ensemble du réseau éducatif postsecondaire.
Le Nouveau-Brunswick devient la dernière province canadienne à se doter d'un réseau collégial autonome. Il consacrera 120 millions de dollars sur deux ans à des projets d'immobilisation.
Pour occuper tous les locaux disponibles et relever le défi de la diminution démographique, le gouvernement tentera d'attirer une nouvelle clientèle internationale. « On va dévoiler prochainement des stratégies à cet effet », laisse entendre le ministre Donald Arseneault.