Une vente de moindre ampleur

Énergie Nouveau-Brunswick

Le Nouveau-Brunswick et le Québec signeront mercredi une nouvelle entente qui modifiera de façon significative le projet de vente de la société Énergie NB à Hydro-Québec.

Fredericton et Québec signeront mercredi une nouvelle entente fort différente de celle de l'automne dernier. Énergie NB resterait ainsi la propriété de la province et Hydro-Québec n'achèterait que les centrales hydroélectriques et nucléaire.

Des conférences de presse auront lieu de façon simultanée à Québec et Frédéricton.

Pour la première fois lundi, les journalistes ont pu poser des questions au premier ministre Shawn Graham au sujet de présumés changements au projet de vente. Il s'est contenté de dire que l'entente serait modifiée.

« Dans des négociations, discussions, on a toujours dit que c'est nécessaire de céder et de gagner quelque chose et ça, c'est ce que notre gouvernement a essayé de faire en ce moment dans des discussions qui j'espère seront finalisée très bientôt », a déclaré Shawn Graham.

Certaines informations obtenues par l'opposition officielle la semaine dernière se confirment. Selon ce que Radio-Canada a pu apprendre, Hydro-Québec n'achèterait bel et bien que la centrale nucléaire de Point Lepreau, une fois remise à niveau, et sept centrales hydroélectriques. la société d'État québécoise acheterait aussi certains droits de transport sur les lignes de la province.

Les lignes de transport de l'électricité resteraient la propriété d'Énergie NB, qui demeurerait la propriété de la province. La société emploierait ainsi 70 % de ses travailleurs actuels.

Par conséquent, le prix de vente ne sera plus le même. La vente initiale était de 4,75 milliards de dollars, mais si le Nouveau-Brunswick conserve les filiales de distribution et de transmission, le nouveau prix de vente serait de 3,2 milliards de dollars. Il resterait ainsi à Énergie NB une dette de plus de 1 milliard de dollars qu'elle devrait pouvoir rembourser à même ses revenus.

Le gel des tarifs résidentiels prévu dans l'entente initiale resterait inchangé. Par contre, le rabais de 30 % annoncé pour les grandes entreprises diminuerait à 25 %.

Les opposants sont sceptiques

Même si la transaction n'est plus du tout la même, Yvon Gagnon, un opposant à la vente d'Énergie NB, n'est pas satisfait.

La centrale nucléaire de Point Lepreau La centrale nucléaire de Point Lepreau (archives)

« Ce qui me fait peur tout de suite, c'est que cette entente est en train d'être renégociée derrière des portes closes et toujours par le même groupe de personnes autour du premier ministre qui a négocié la première entente. Qu'est-ce qui nous dit qu'ils vont pouvoir arriver à une entente qui est meilleure pour le Nouveau-Brunswick? Qu'est-ce qui nous dit qu'ils vont arriver à une entente qui va faire en sorte que le Nouveau-Brunswick maintient son autonomie sur le plan du secteur énergétique? », se demande Yves Gagnon.

Avec cette nouvelle transaction, le gouvernement Graham pourra dire qu'il n'a pas vendu Énergie NB. Le premier ministre n'avait peut-être guère le choix. Outre l'opposition populaire, une poignée de députés libéraux, dont trois ministres, ont fait savoir à Shawn Graham lors de réunion du caucus, mardi dernier, qu'ils ne pouvaient appuyer l'entente initiale.

Irving propose un nouveau corridor

Lundi, le jour même où on apprend que le Nouveau-Brunswick devrait rester propriétaire de ses lignes de transport de l'électricité, l'entreprise Fort Reliance, filiale du groupe Irving, lance un appel pour la création d'un réseau de transport énergétique régional.

Elle invite les autres entreprises du domaine énergétique ainsi que les gouvernements canadiens et américains du nord-est du continent à se joindre à elle pour la création d'un corridor commun de production et de transport d'électricité.

Pour créer ce partenariat transfrontalier, Fort Reliance annonce la création d'une filiale, Portage Energy, et elle se dit prête à investir jusqu'à 2 milliards de dollars dans le projet.