Vive inquiétude pour Haïti

La capitale d'Haïti, Port-au-Prince, a été frappée par un séisme dévastateur mardi soir. Plusieurs édifices ont été très endommagés. On craint que le sinistre ait fait des milliers de morts. Des dizaines de milliers de personnes, certaines gravement blessées, ont passé cette nuit dans la rue.

Les étudiants haïtiens qui fréquentent l'Université de Moncton se sont rassemblés dans le campus mercredi matin. Ils ont fait le point sur la situation dans leur pays et ils ont entrepris une collecte de fournitures pour expédier à Port-au-Prince.

Laeticia Mélissande Amédée, étudiante en administration, a appris après de longs moments d'angoisse que ses proches à Port-au-Prince étaient sains et saufs.

« C'était la panique de tous côtés, le tsunami... Eux aussi n'avaient aucune nouvelle de personne. Donc, on est resté là à attendre, à écrire aux gens parce que le téléphone ne marchait pas. Donc, il fallait appeler l'agent de Montréal pour essayer de trouver, passer par Internet, et toutes les lignes étaient bloquées », explique Laeticia Mélissande Amédée.

L'information sur la situation en Haïti arrive au compte-gouttes, puisque la capitale est sans électricité et sans téléphone.

Lujan Saintil, représentant pour Haïti au bureau de recrutement d'étudiants de l'Université Moncton, a subitement perdu contact avec des candidats étudiants dans ce pays.

« C'est ce qui est le plus attristant, le plus émouvant, quand on sait qu'on venait d'être en contact avec quelqu'un et vers 5 h3 0, 6 h, on essayait de rentrer à nouveau en contact et ça ne marche plus. Donc, on a passé la nuit comme ça. C'était la nuit la plus dure pour la grande majorité d'entre nous parce qu'il y a au moins une vingtaine d'étudiants qui était chez moi hier soir. Les étudiants, quand ils ne sont pas en contact avec leurs parents, c'est vers moi qu'ils se tournent », explique Lujan Saintil.

Les gens d'origine haïtienne qui vivent en Nouvelle-Écosse sont tout aussi désemparés. « Très inquiète, très anxieuse et un peu... Je suis perdue. Je ne sais pas comment. Ne pas avoir accès dans des moments terribles, c'est vraiment, je ne sais pas comment exprimer ce que je ressens, mais c'est beaucoup d'anxiété », affirme Marie-Hélène Boboeuf, à Halifax.

Plusieurs Canadiens sont en Haïti en mission humanitaire. Leur famille aussi attend avec impatience de leurs nouvelles.

Patricia Roberts est sans nouvelles de son conjoint, l'un des huit bénévoles de Yarmouth qui travaillent dans un orphelinat haïtien. Malgré tout, elle ne regrette pas de l'avoir laissé partir.

« C'est sa troisième fois et il voulait aller ce coup-ci à cause qu'il commence à vieillir et il pensait que ça serait peut-être la dernière fois qu'il ira. C'est ce qui fait qu'il y est allé, et il aime les enfants. Il veut y aller pour aider », explique Mme Roberts.

Louise Chouinard, de Saint-Quentin, au Nouveau-Brunswick, était soulagée mercredi matin d'avoir des nouvelles de sa fille, Michelle, qui est en Haïti pour l'organisme Médecins Sans Frontières.

« C'est certain qu'on était inquiets toute la soirée et toute la nuit. On a seulement eu des nouvelles ce matin vers 5 h 30, par courriel, qu'elle était correcte, mais on n'a pas eu d'autres nouvelles. La seule chose qu'elle nous dit [c'est] qu'elle est ok, que l'hôpital où elle travaillait s'est effondré et qu'il y a beaucoup de blessés, beaucoup de morts », indique Louise Chouinard.

Policiers canadiens portés disparus

L'épouse de Mark Gallagher, agent de la GRC au Nouveau-Brunswick qui travaille en Haïti, est sans nouvelle de lui depuis le séisme. Lisa Gallagher a parlé à son mari pour la dernière fois environ une demi-heure avant le séisme.

La GRC confirme que le sergent Gallagher est l'un de ses deux policiers qui manquent à l'appel à Port-au-Prince. L'autre policier dont on est sans nouvelle est le surintendant Doug Coates, d'Ottawa.

Mark Gallagher Mark Gallagher (archives)

« Nos priorités maintenant sont d'entrer en contact avec ces officiers qui sont manquants. Tous les efforts sont mis pour finalement les localiser », indique la sergente Sylvie Tremblay, de la GRC.

Le sergent Mark Gallagher était basé au centre des opérations de l'ONU à Port-au-Prince où il effectuait des tâches administratives pour la GRC.

Le séisme était de magnitude 7. Environ 3 millions de personnes sont touchées, selon la Croix-Rouge.