![]() Aéroport d'Halifax Allégation de profilage racialMise à jour le mercredi 6 janvier 2010 à 22 h 20
La Néo-Écossaise Ayat Manna soutient qu'elle a été victime de profilage racial à l'aéroport international d'Halifax. Lundi dernier, elle devait prendre l'avion pour rejoindre son mari aux États-Unis, mais les douaniers américains l'en ont empêchée. Mme Manna est une Canadienne d'origine jordanienne, de confession musulmane. Elle porte le voile et habite en Nouvelle-Écosse depuis 15 ans. Elle explique qu'elle avait son billet, que ses bagages étaient enregistrés et qu'elle avait franchi sans ennui les dispositifs de sécurité. Toutefois, au moment de passer aux douanes américaines, elle dit qu'une agente l'a montrée du doigt et qu'on l'a amenée dans une salle d'interrogatoire. Ayat Manna affirme qu'on l'a interrogée pendant quatre heures et demie. Elle dit qu'elle a été traitée de façon inappropriée, que les douaniers lui répondaient avec rudesse quand elle demandait des explications.
Elle ajoute qu'on a pris ses empreintes digitales, qu'on l'a photographiée et qu'on a appelé sa banque pour vérifier combien d'argent elle possédait. Des agents de la GRC sont ensuite arrivés, dit-elle, et on l'a escortée hors de l'aéroport. Elle dit qu'elle a été traitée comme une terroriste et que c'était le moment le plus gênant de sa vie. Ayat Manna soutient qu'elle a subi cette épreuve pour la seule raison qu'elle portait le voile. Elle était la seule dans son groupe de voyageurs qui en portait un. Les services douaniers américains affirment que ce n'était pas du profilage racial. Ils expliquent que Mme Manna a été interrogée pour des raisons administratives. Le fait que cette Néo-Écossaise ne détienne qu'un billet aller-simple a éveillé les soupçons des autorités. Nouvellement mariée à un citoyen américain, Mme Manna se rendait à Cleveland rejoindre son conjoint. Elle avait eu l'intention d'y demeurer trois mois, comme le permet la loi américaine. Ayat Manna a l'intention d'embaucher un avocat dans l'espoir d'obtenir des éclaircissements et des excuses. Le ministre des Transports, John Baird, a assuré de son côté que les autorités canadiennes ne feraient pas de profilage racial. Le programme de surveillance des voyageurs inquiète Par ailleurs, le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada veut interroger le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) et le ministère fédéral des Transports relativement à leur intention d'observer de près le comportement des voyageurs dans les aéroports du pays. Mardi dernier, le gouvernement fédéral a annoncé la création d'un programme d'observation du comportement des passagers afin de contrer d'éventuels complots terroristes. Ottawa a indiqué que des agents de surveillance seraient à l'affût de tout agissement jugé suspect dans les différents aéroports du pays. Par exemple, un passager vêtu d'un lourd manteau par temps chaud sera considéré suspect. La commissaire adjointe à la protection de la vie privée, Chantal Bernier, a indiqué qu'elle exigera des détails sur ce programme lors d'une réunion prochaine avec des responsables fédéraux de la sécurité aérienne. La commissaire Jennifer Stoddart compte pour sa part obtenir une évaluation formelle de l'impact qu'aura ce programme sur la vie privée des citoyens canadiens. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne Console Audio-vidéo
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