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Atlantique

Vente d'Énergie NB

L'entente ne sera pas bonifiée

Mise à jour le jeudi 12 novembre 2009 à 22 h 54

Thierry Vandal

Thierry Vandal

Le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, n'entrevoit aucun changement à l'entente de principe conclue le mois dernier par les gouvernements du Nouveau-Brunswick et du Québec sur la vente de la société Énergie NB à Hydro-Québec.

Thierry Vandal, de passage à Fredericton mardi, a rencontré les dirigeants de la société de la Couronne néo-brunswickoise. Hydro-Québec compte acheter la majeure partie des actifs d'Énergie NB pour la somme de 4,7 milliards de dollars, soit l'équivalent de la dette de la société publique néo-brunswickoise.

Dans le cadre de cette entente de principe, Hydro-Québec s'engage à offrir des réductions de tarifs significatives aux grandes entreprises du Nouveau-Brunswick et un gel de cinq ans aux abonnés résidentiels quand elle deviendra propriétaire d'Énergie NB.

M. Vandal a indiqué que c'est le gouvernement du Nouveau-Brunswick qui a proposé cette structure et que l'entente ne sera pas bonifiée.

Je vous dis que c'est une entente qui a été convenue, et on entend bien faire en sorte que cette entente soit menée à terme. Donc, on va opérer sur la base de l'entente que l'on connaît.

— Thierry Vandal, président-directeur général d'Hydro-Québec

Selon le PDG d'Hydro-Québec, les abonnés résidentiels au Nouveau-Brunswick ne doivent pas s'attendre à une parité entre leurs tarifs et ceux aux Québec après le gel des tarifs de cinq ans prévu dans l'entente de principe.

« C'est fait du côté de la clientèle industrielle, mais bien sûr, si ça avait été fait pour l'ensemble de la clientèle, compte tenu des écarts entre les tarifs au Nouveau-Brunswick et les tarifs au Québec, ça aurait représenté une somme considérable et ça aurait réduit beaucoup la valeur des actifs que l'on acquiert, et donc le prix qu'on peut payer au gouvernement du Nouveau-Brunswick. Donc, le montant de 4,7 milliards aurait été considérablement réduit si les tarifs avaient été ajustés à la baisse au niveau résidentiel », explique Thierry Vandal.

L'écart entre la diminution offerte aux entreprises et le gel des tarifs résidentiels est l'un des éléments les plus controversés de l'entente de principe. Les entreprises recevront des avantages dès son entrée en vigueur, mais le rattrapage des abonnés résidentiels pourrait durer des années.

Lors de la première année, par exemple, les grandes industries économiseraient globalement 91,6 millions de dollars, soit 79 % du total des économies prévues cette année-là. Ce montant est 5,5 fois plus élevé que les économies que réaliseront les abonnés résidentiels au cours de la même période.

Une meilleure stabilité à long terme

Énergie Nouveau-Brunswick

Camions de la société Énergie NB

Après le gel de cinq ans, les tarifs résidentiels seront assujettis au taux d'inflation. M. Vandal promet toutefois aux consommateurs néo-brunswickois des tarifs plus stables.

« Le régime qu'on met en place ici, qui ressemble un peu au régime tarifaire qu'on a au Québec. C'est un très bon régime pour les consommateurs et ça va donner une très bonne stabilité, une bonne prévisibilité des tarifs à long terme », affirme M. Vandal.

Thierry Vandal ajoute que ces tarifs ne seront plus soumis aux fluctuations du prix des hydrocarbures, comme c'est le cas maintenant. Il rappelle aussi que les tarifs seront toujours régis par la Commission de l'énergie et des services publics du Nouveau-Brunswick.

L'opposition n'est pas convaincue

Le député progressiste-conservateur de Madawaska-Les-Lacs, Jeannot Volpé, croit que les abonnés verront leurs tarifs augmenter après le gel. « Les consommateurs du Nouveau-Brunswick se rendent compte aujourd'hui que ce n'est pas vraiment un gel qu'ils vont avoir pour cinq ans, c'est juste qu'on va retarder à la sixième année certains coûts », dit-il.

Pour Hydro-Québec, l'achat d'Énergie NB représente d'abord et avant tout un accès privilégié au marché de la Nouvelle-Angleterre. « Pourquoi, nous autres, on n'est pas capables de le prendre en main et aller chercher les bénéfices de ça? » se demande M. Volpé.

Jeannot Volpé

Le député Jeannot Volpé (archives)

Au Nouveau-Brunswick, les élections à date fixe sont prévues en septembre 2010. S'ils forment le prochain gouvernement, les progressistes-conservateurs pourraient carrément annuler l'entente.

« Ce qu'on voit venir, c'est qu'il va encore falloir changer une décision stupide, puis regarder pour les gens du Nouveau-Brunswick, regarder pour des partenariats qui vont favoriser toute la population, pas seulement quelques grosses entreprises », déclare le député Volpé.

De nombreuses voix dans la population dénoncent l'entente et le refus des libéraux de Shawn Graham de la soumettre au vote populaire. Une manifestation contre la vente d'Énergie NB doit se dérouler la semaine prochaine à Fredericton.

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