L'entente d'Antigonish est approuvée

Église

La Cour suprême de la Nouvelle-Écosse a approuvé une entente à l'amiable de 15 millions de dollars conclue récemment par le diocèse catholique romain d'Antigonish et des douzaines de victimes d'agressions sexuelles commises par un prêtre.

La Cour suprême de la Nouvelle-Écosse approuve l'entente à l'amiable de 15 millions de dollars conclue récemment par le diocèse d'Antigonish et des victimes d'agressions sexuelles commises par un prêtre.

Il s'agissait de la première entente conclue par l'Église avec des personnes qui accusent ses membres d'agressions sexuelles sans que l'affaire se retrouve devant les tribunaux.

La cour a déterminé que cette entente est juste et équitable pour les deux parties. L'avocat des victimes, John McKiggan, précise que les indemnisations s'élèvent à 12 millions de dollars et que le reste de la somme paiera divers frais.

Le diocèse a dévoilé cette entente le mois dernier. Elle s'applique à des personnes qui disent avoir été agressées sexuellement par un prêtre. Ces faits remontent aux années 1950.

Ronald Martin, qui a entamé les procédures de recours collectif contre ce diocèse après le suicide de son frère David, en 2002, a lui aussi été victime d'un prêtre. Il dit qu'il avait juré à son frère d'obtenir justice.

La poursuite allègue que l'Église, sous la direction du pape, a comme politique de garder secrète toute accusation d'agression sexuelle commise par des prêtres sous peine d'excommunication. La poursuite soutient aussi que l'Église, le diocèse et l'évêque ont envoyé des prêtres d'Antigonish subir des traitements pour « déviance sexuelle », mais en secret et sans protéger les enfants.

Excuses formelles

Les parties ont signé cette entente au début du mois d'août avant même que les tribunaux acceptent d'entendre le recours collectif des victimes. À cette occasion, l'évêque Raymond Lahey a présenté des excuses aux victimes.

« Je voudrais exprimer mes regrets sincères, comme évêque d'Antigonish, à toutes les victimes et à toutes les familles qui ont souffert comme résultat d'abus sexuels [sic] par les prêtres du diocèse d'Antigonish », avait déclaré Mgr Lahey.

L'avocat John McKiggan avait qualifié cette entente d'extraordinaire. Il estime que le fait qu'elle soit intervenue si tôt dans les procédures constitue un précédent au Canada.

Les victimes auront le choix d'obtenir un dédommagement sans passer par les tribunaux ou de poursuivre leurs agresseurs en cour.

Le diocèse d'Antigonish doit vendre plusieurs propriétés pour trouver l'agent nécessaire.