L'Acadie, un exemple à suivre

Le compte-rendu de Ricky Landry sur la visite en Acadie d'Abdou Diouf

L'Acadie a reçu de la grande visite, samedi, à l'occasion de son Congrès mondial. Le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, a interrompu ses vacances pour venir saluer les Acadiens. Il a prononcé une conférence à Shippagan.

Dans un discours prononcé à l'occasion du Congrès mondial acadien, le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, critique vertement les effets de la mondialisation sur les cultures.

M. Diouf, un ancien président sénégalais, voit en l'Acadie un exemple à suivre en matière de diversité culturelle pour d'autres peuples dans le monde.

Dans son allocution, il n'a pas hésité à se lancer dans une critique virulente de la mondialisation qui, selon lui, ignore les cultures et laisse certaines régions du monde dans la misère.

« Certains continueront de consommer dans l'insouciance des biens que d'autres produisent à des milliers de kilomètres de là dans des conditions inhumaines. » — Abdou Diouf

Abdou Diouf estime que faire reconnaître la diversité des cultures est le grand défi auquel le monde est confronté. C'est le but de l'organisation qu'il dirige, dit-il.

« On ne peut pas faire une mondialisation seulement économique et technologique. Il faut que la mondialisation soit aussi culturelle. C'est en étant culturelle, en s'accrochant aux idéaux, aux valeurs universelles de justice, de solidarité et de partage que cette mondialisation peut être une mondialisation équitable. » — Abdou Diouf

Le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Jean-Marie Nadeau, se dit tout à fait d'accord avec Abdou Diouf. « La mondialisation rime avec homogénéisation et c'est ça qui fait qu'un peuple comme le nôtre ne se bat pas contre les Anglais, ni contre les autres. On se bat pour notre différence et, justement, contre ce nivelage vers le bas. »

Au sujet de la diversité culturelle, M. Diouf croit que l'Acadie a des leçons à donner. « L'Acadie tire la francophonie vers le haut. L'Acadie, par sa qualité humaine, est exactement le symbole de ce que nous voulons faire. Voilà l'exemple type de ce que nous appelons les valeurs de partage. »

La présidente de la Société nationale de l'Acadie, Françoise Enguehard, croit pour sa part qu'il peut être intéressant de réfléchir à ce que les Acadiens peuvent apporter à la Francophonie. Après tout, dit-elle, l'Acadie est un peuple sans État qui a su faire sa place dans des milieux culturellement différents.

Par ailleurs, l'Université de Moncton a profité du passage du secrétaire général de la Francophonie pour annoncer la création de bourses d'études pour étudiants francophones venant de pays pauvres, les bourses Abdou-Diouf.

La Ville de Caraquet a quant à elle nommé une rue en l'honneur d'Abdou Diouf.