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PC/Jonathan Hayward
Des organismes représentants des minorités francophones partout au pays sont inquiets pour leur survie. Le gouvernement fédéral accuse un retard important dans le financement de ces organismes.
Des organismes représentant des minorités francophones au Canada sont dans une position inquiétante, car Ottawa tarde à leur accorder leur financement annuel.
Cyrilda Poirier, la responsable de la Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador (FFTNL), explique qu'elle a l'habitude de recevoir les subventions du ministère du Patrimoine canadien en retard. Cette fois-ci, elle constate avec inquiétude un changement d'attitude à Ottawa.
« On nous dit clairement de ne pas engager de fonds parce que si on le fait, c'est à nos propres risques et périls », indique Cyrilda Poirier.
La participation de cette fédération au Congrès mondial acadien cet été est d'ailleurs remise en question. Aujourd'hui, la FFTNL doit utiliser sa marge de crédit, ce qui lui permet de survivre encore trois mois. Après quoi, elle devra peut-être fermer boutique, si elle ne reçoit toujours pas de financement.
« Je suis très inquiète, et je dois admettre que c'est la première fois dans mes 20 ans au sein de la Fédération des francophones que je sens cette inquiétude-là, qui n'est pas nécessairement la mienne. Je sens que c'est plus ou moins national », affirme Cyrilda Poirier
Lise Routhier-Boudreau, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA), confirme qu'il s'agit d'un problème national.
« Jusqu'à deux semaines passées, quand on a fait notre tournée, 75 % des communautés n'avaient pas encore reçu de nouvelles de la part du gouvernement fédéral pour l'année en cours. Alors, évidemment, la situation est assez dramatique », précise Mme Routhier-Boudreau.
Malgré des demandes répétées, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, refuse d'expliquer ce retard. Entre-temps, les partis d'opposition à Ottawa accentuent la pression sur le gouvernement Harper.
Le député néodémocrate Yvon Godin vient de porter plainte à ce sujet au commissaire aux langues officielles. Le député libéral Justin Trudeau soutient que seuls des élections et un changement de gouvernement permettront de corriger le tir, mais d'ici là, il sera peut-être trop tard pour plusieurs organismes.