Ottawa délie les cordons de la bourse

Pêche au homard

Ottawa vient en aide aux pêcheurs de homard de l'Atlantique et du Québec. La ministre fédérale des Pêches et des Océans, Gail Shea, annonce un investissement de 65 millions de dollars pour aider leur industrie frappée par une importante chute des prix.

La ministre des Pêches et des Océans, Gail Shea, annonce une aide de 65 millions de dollars pour l'industrie du homard. L'Union des pêcheurs des Maritimes accueille cette aide, mais elle la trouve insuffisante.

De cette somme, 15 millions de dollars seront versés aux pêcheurs qui ont subi une baisse d'au moins 25 % de leurs revenus.

Selon Christian Brun, de l'Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), cette somme est la bienvenue, mais elle est tout de même insuffisante.

« Pour le court terme, pour ce qui est des montants qui ont été annoncés, il semblerait que c'est nettement insuffisant, puisqu'on parle de cinq provinces qui sont dans une situation de difficulté. On parle quand même de 10 000 pêcheurs, et on nous annonce un montant de 15 millions de dollars, ce qui n'est pas négligeable, mais quand même, on parle de 10 000 pêcheurs », affirme-t-il.

M. Brun ajoute que pratiquement tous les pêcheurs des Maritimes ont subi une baisse d'au moins 25 % de leurs revenus, donc « il va probablement falloir s'asseoir et faire des négociations autour de cet élément-là », dit-il.

Les 50 millions de dollars restants serviront à établir, d'ici cinq ans, des plans de durabilité de l'industrie. Il s'agit notamment d'une rationalisation des permis pour réduire le volume de la pêche.

Les pêcheurs demandaient aussi un assouplissement des règles de l'assurance-emploi, mais l'aide annoncée mercredi ne comprend aucune mesure en cette matière. Cela déçoit Ed Frenette, directeur général de l'association des pêcheurs de l'Île-du-Prince-Édouard, mais il se dit quand même satisfait de l'aide annoncée.

Désespoir à Terre-Neuve

Une vingtaine de pêcheurs ont passé plus de 24 heures dans les bureaux du gouvernement Harper, à Saint-Jean, à Terre-Neuve. Parmi eux se trouvent Andre et Michelle Jesso, un couple qui a voyagé pendant plus de 10 heures, depuis la péninsule de Port-au-Port, pour participer à cette manifestation.

Pêcheurs, manifestation Des pêcheurs occupent un bureau fédéral à Saint-Jean.

Les Jesso expliquent que leurs revenus ont chuté de 50 % par rapport à l'année dernière et qu'ils n'ont jamais vu cela en plus de 20 ans de métier. Ils disent que ce n'est plus rentable de sortir en mer et que dans le meilleur des cas, ils gagnent 25 $ pour 10 à 12 heures passées en mer.

Bill Broderick, représentant du syndicat des pêcheurs de Terre-Neuve, explique que le mouvement de protestation dans ces bureaux est un geste de désespoir de la part des pêcheurs.

Les quelques millions de dollars annoncés par la ministre Shea pourraient certainement aider les pêcheurs de la péninsule de Port-au-Port, par exemple, mais selon les manifestants, cette somme répartie entre cinq provinces est une goutte d'eau dans l'océan.