Une entente historique

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Fleuve Churchill Barrage hydroélectrique sur le haut du fleuve Churchill (archives)

Pour la première fois de son histoire, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, en vertu d'une entente avec le Québec, transporte de l'électricité jusqu'aux marchés nord-américains.

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador annonce une entente avec le Québec pour transporter jusqu'aux États-Unis de l'électricité produite sur le fleuve Churchill.

Le premier ministre Danny Williams a précisé que sa province vendait de l'électricité aux États-Unis depuis mercredi. L'énergie provient des installations hydroélectriques sur le fleuve Churchill, au Labrador.

Le premier ministre Williams estime que l'entente est pour sa province une étape vers la prospérité. Selon lui, il s'agit d'un moment historique pour toute la population de Terre-Neuve-et-Labrador.

Le gouvernement Williams explique que la société d'énergie de Terre-Neuve-et-Labrador, par l'entremise de sa filiale Newfoundland and Labrador Hydro, a conclu une entente avec la société Hydro-Québec pour le transport de l'électricité jusqu'à la frontière américaine. L'électricité est alors vendue du côté canadien à l'entreprise Emera Energy. Cette dernière revend ensuite l'électricité au Canada et aux États-Unis.

La priorité de la société d'énergie de Terre-Neuve-et-Labrador demeure l'approvisionnement de la province en électricité. Seule l'énergie excédentaire est vendue à l'extérieur de la province.

Le coeur d'un vieux litige

Depuis 1969, le Québec profite d'une entente qui lui permet d'utiliser l'électricité produite par le haut Churchill au Labrador. Le Québec pourra profiter de cette entente jusqu'en 2041. Jusqu'à maintenant, le haut Churchill a rapporté 19 milliards de dollars au Québec, mais seulement 1 milliard de dollars à Terre-Neuve-et-Labrador.

Encore aujourd'hui, le premier ministre Danny Williams dit que l'entente de 1969 est injuste. En attendant 2041, l'année où Terre-Neuve-et-Labrador pourra négocier une nouvelle entente, cette province tente de tirer profit au maximum de son hydroélectricité.

Depuis 1998, Terre-Neuve-et-Labrador peut utiliser 300 mégawatts produits sur le haut Churchill. Elle peut maintenant faire passer son électricité par le territoire québécois en payant un droit de passage. Elle a donc commencé à exporter 130 mégawatts dans la région de New York.

Cette petite production peut rapporter à Terre-Neuve-et-Labrador de 40 millions de dollars à 80 millions de dollars par année. Pour le premier ministre Williams, cette vente a aussi une valeur symbolique puisque sa province est enfin capable, malgré les obstacles, de vendre de l'électricité à ses voisines.

Projets d'avenir

Terre-Neuve-et-Labrador va bientôt entreprendre un mégaprojet hydroélectrique sur le bas Churchill.

Le ministre des Ressources naturelles du Québec, Claude Béchard, reconnaît qu'il faudra construire de nouvelles lignes au Québec pour acheminer cette électricité aux États-Unis, et qu'il vaut donc mieux coopérer avec la province atlantique.

« Pour nous, c'est une situation de gagnant gagnant avec Terre-Neuve », a déclaré le ministre Claude Béchard.

Pour Terre-Neuve-et-Labrador, ce sera un pas de plus vers l'autosuffisance.