Radio-Canada Acadie
La direction de CBC/Radio-Canada a annoncé mercredi d'importantes compressions pour compenser la diminution de ses revenus publicitaires: 800 postes seront supprimés, dont 335 au réseau français.
La direction de Radio-Canada Acadie annonce une réorganisation de sa programmation en Atlantique dans le cadre des compressions budgétaires destinées à compenser la diminution des revenus publicitaires du diffuseur public.
« Nous cherchons à combler un manque à gagner de 171 millions de dollars, ce qui engendrera des compressions d'effectifs d'environ 800 postes », a confirmé le directeur général des services régionaux en français, Louis Lalande.
En Atlantique, l'émission 3-60 de la radio produite à Moncton et diffusée à midi disparaîtra en juin. L'émission Tam Tam Acadie diffusée le dimanche soir prendra fin également en juin. De nouvelles émissions nationales dans lesquelles l'Acadie occupera une place les remplaceront en septembre.
L'émission du Téléjournal Acadie présentée du lundi au vendredi à 12 h 30 sera éliminée au début de l'été. Le Téléjournal Acadie de 18 heures reste en onde, mais il sera réduit à une demi-heure durant la période estivale.
La formule de l'émission Le Jour du Seigneur fera l'objet de discussions. La couverture des Jeux de l'Acadie sera réexaminée. Radio-Canada Acadie a la volonté de couvrir le Congrès mondial acadien 2009, mais on ne sait pas en ce moment quelle sera l'importance de cette couverture.
Au RDI, la mise en ondes des interventions des journalistes en Atlantique ne sera plus faite à Moncton, elle sera faite par la régie de Montréal.
La direction de Radio-Canada Acadie prévoit qu'une dizaine de postes seront touchés par les compressions. Elle n'est pas en mesure pour le moment de préciser de quelle façon. Un programme d'incitation à la retraite sera bientôt offert aux employés admissibles.
La directrice des stations de Radio-Canada Acadie, Louise Imbeault, affirme que ces compressions ne nuiront pas à la cueillette de l'information sur le terrain.
« Dans cet exercice-là, on a vraiment essayé de sauvegarder la qualité du service public, de protéger la cueillette d'information, de protéger aussi les émissions culturelles ou de divertissement parce que ce sont aussi des reflets de la vie, la vie n'est pas qu'en nouvelles, et de protéger le sport et le culturel. Mais ça veut dire aussi qu'il faut se rééquilibrer parce qu'il y a un impératif quand même d'équilibre budgétaire », explique Louise Imbeault.
Louise Imbeault
Guy LeBlanc, directeur national du Syndicat des communications de Radio-Canada, s'inquiète des effets à long terme de ces mesures.
« Une perte de programmes tant à la radio qu'à la télévision, donc une perte de services pour les téléspectateurs. C'est aussi inquiétant parce que qu'est-ce qui va rester? On vit dans une période de restrictions budgétaires depuis des mois, sinon des années. Alors, on a vu des périodes de surcharge de travail, etc. Là, avec des restrictions budgétaires additionnelles pour ceux qui vont rester, quels vont être les effets sur la programmation comme telle et aussi les employés? Donc, c'est inquiétant pour l'avenir de Radio-Canada en Atlantique », affirme Guy LeBlanc.
Selon la présidente de la Société nationale de l'Acadie, Françoise Enguehard, il s'agit d'un jour triste à la fois pour les employés de Radio-Canada et pour le public. « Une dizaine de coupures de postes par exemple dans un si petit endroit c'est catastrophique », souligne-t-elle.